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Qualcomm dévoile les Snapdragon 8 Elite Gen 6 : les puces 2 nm des futurs smartphones Android

Franchir les 5 GHz sur un smartphone, personne ne l’avait fait. Qualcomm s’offre le record avec une puce taillée pour les téléphones les plus chers du marché, et une autre pour ceux qui le sont un peu moins.

Chaque automne, Qualcomm donne le tempo des smartphones Android de l’année à venir. Le cru dévoilé le 22 septembre réserve une surprise de structure : le haut de gamme se scinde en deux, entre un Snapdragon 8 Elite Gen 6 « classique » et une déclinaison Elite Extreme Gen 6 réservée aux appareils les plus ambitieux. Les deux étrennent une gravure en 2 nanomètres, à l’instar d’Apple et Mediatek, ainsi que des fréquences jamais vues sur téléphone.

5 GHz et 2 nanomètres : la course aux records continue

Les deux puces alignent deux cœurs Prime poussés jusqu’à 5,0 GHz et six cœurs Performance à 4,0 GHz, une première pour un processeur mobile. Face à la génération précédente, le modèle standard promet 10 % de puissance en plus côté processeur, 35 % côté graphismes et 14 % sur la partie IA. L’Extreme monte d’un cran, avec des gains respectifs de 13 %, 44 % et 35 %, et s’arroge quelques exclusivités. Au menu : moitié de mémoire partagée en plus, 18 Mo dédiés au circuit graphique et la vidéo 8K à 60 images par seconde. Le modèle standard plafonne, lui, à 30 images par seconde dans cette définition. Qualcomm promet même, pour cette version Extreme, l’exécution locale de modèles d’IA dépassant les 30 milliards de paramètres, une affirmation à vérifier une fois les téléphones en main.

Snapdragon 8 gen 6
© Qualcomm

Les premiers appareils ne traîneront pas : Motorola a déjà officialisé son Signature 27 sous Elite Extreme Gen 6 pour la fin d’année. OnePlus et iQOO suivront avec leurs prochains fleurons, et Xiaomi ferait partie des tout premiers servis.

Deux puces haut de gamme pour amortir la flambée des prix

Cette scission intervient dans un contexte tarifaire sous tension. Qualcomm a confirmé fin juillet une hausse de ses tarifs, à deux chiffres selon les courriers adressés à ses clients cet été, effective sur les puces livrées depuis le 1er septembre. L’entreprise invoque une « hausse généralisée des coûts » touchant la fabrication, l’assemblage, les tests et la mémoire. Les estimations qui circulent situent la galette de silicium gravée en 2 nanomètres autour de 30 000 dollars pièce, pendant que la crise de la mémoire vive alourdit déjà la facture de chaque smartphone. Le composant le plus prestigieux du téléphone Android renchérit donc au moment précis où tout le reste augmente aussi.

Vu le contexte, proposer deux étages de haut de gamme fait office de soupape. Les constructeurs soucieux de contenir leurs tarifs peuvent s’en tenir au Snapdragon « standard », déjà largement suffisant pour l’immense majorité des usages, et réserver l’Extreme aux modèles vendus au sommet de la gamme, dont les acheteurs ne regardent plus l’étiquette depuis longtemps. Qualcomm préfère parler d’« un choix plus large » offert aux marques ; on peut aussi y lire une tentative de garder des prix à peu près cohérents, en cantonnant les surcoûts les plus spectaculaires aux téléphones capables de les absorber. Le premier Motorola Signature, lancé à 999 euros en février, donne d’ailleurs une idée du ticket d’entrée de cette catégorie.

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Source : Qualcomm


Naïm Bada