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PHP, le poids lourd du Web

Tout le monde peut utiliser le langage de programmation PHP. Et ce quelles que soient les connaissances informatiques de chacun. En quinze ans, ce langage est devenu le code source préféré des sites Internet français. Pourquoi ?

Sans lui, Facebook n’existerait pas sous sa forme actuelle. Les pages du site de Yahoo! ne seraient pas aussi dynamiques et celles de Mediapart si réactives à l’actualité. Lui, c’est PHP, un langage de programmation inventé en 1995 par Rasmus Lerdorf, 27 ans à l’époque. Le Danois, originaire du Groenland et vivant aujourd’hui en Californie, l’utilisait pour enregistrer les accès à son CV en ligne.En seulement quinze ans, le petit outil de programmation personnel est devenu une véritable usine pour développer rapidement des sites Web. Aujourd’hui, PHP est au cœur d’un système qui propose des kits de développement (framework), des convertisseurs, des gestionnaires de code, de tests, d’automatisation des tâches. Initialement, PHP signifiait Personal Home Page (ou Page d’accueil personnelle, en français). Puis, dans un souci d’autodéfinition, il s’est transformé en PHP, Hypertext Preprocessor, soit Préprocesseur Hypertexte PHP.

Libre, souple et facile à maîtriser

A l’échelle de la planète, un tiers des sites Web sont désormais développés en PHP. Lequel permet de créer dynamiquement des pages en HTML (HyperText Mark-Up Language), un langage reposant sur des balises, et d’interroger des bases de données. En France, le taux de sites en PHP dépasse les 40 %, avec plus de 200 000 développeurs recensés par l’Afup, l’Association française des utilisateurs de PHP. Ses principaux challengers se nomment Java et JSP (Java Server Page) détenus par Oracle, ASP et.Net commercialisés par Microsoft. Face à eux, PHP a bâti son succès grâce à trois grands atouts. Le premier est d’être un logiciel libre. Son code, écrit en langage C++, est libre d’accès, d’utilisation et de modification, sans droits d’auteur. Les mises à jour sont partagées gratuitement entre les membres de la communauté des développeurs. La dernière version 5.3 n’est ainsi la propriété de personne en particulier.Le deuxième atout fort de PHP est d’être souple, facile et rapide à maîtriser. Tout le monde peut l’utiliser, du débutant au programmeur chevronné. “ Deux jours de formation et une douzaine de commandes suffisent pour commencer à écrire des petites applications ”, chiffre Vincent Letourneau, concepteur développeur chez Stepnet Ingenierie. Mieux, à l’aide d’un système de gestion de contenu (SGC ou CMS pour Contain management system), une boîte à outils logiciels, n’importe qui, sans connaître une seule ligne de code, peut concevoir un site Web dynamique en PHP. Les SGC sont nombreux, du plus répandu comme WordPress, aux plus complets comme Joomla et Drupal.Troisième atout, PHP, qui compte 4,5 millions d’adeptes, se limite au développement d’applications Web, alors que.Net et Java, avec respectivement 10 et 9 millions d’utilisateurs, sont des langages de programmation multi-usages. A l’heure où les applications Web se multiplient, ce qui aurait pu être une faiblesse devient une force, et les besoins spécifiques d’Internet dopent la diffusion de PHP.Paradoxe de son succès, PHP semble aujourd’hui à la fin d’un cycle, à la recherche d’un second souffle. En témoigne l’abandon, en mars 2010, du projet d’une version 6 de PHP. Fondée sur la norme Unicode, elle devait, entre autres, être totalement compatible avec le jeu de caractères universel, caractères asiatiques compris et surtout chinois. “ Le saut technologique était trop grand ”, s’attriste Rasmus Lerdorf. A ses yeux, le recentrage du projet autour d’une version intermédiaire nommée 5.4 et annoncée pour la mi-2011, moins ambitieuse, plus rapide, plus structurée et plus industrialisée, devrait relancer la machine.

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Jacques Rolland