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ChatGPT a résolu une équation vieille de 200 ans, mais un mathématicien accuse OpenAI de plagiat

OpenAI affirme que ChatGPT a résolu l’équation de Navier-Stokes, un problème mathématique posé en 1822, en seulement 88 heures. Cette prouesse de l’IA a rapidement été ternie par les accusations de plagiat de deux chercheurs. Ils soupçonnent l’entreprise d’avoir utilisé ses propres travaux non publiés pour parvenir à résoudre l’énigme, éventuellement sans en avoir conscience.

OpenAI affirme qu’une intelligence artificielle interne, plus puissante que le modèle GPT-6 Astra qui anime ChatGPT, a résolu un problème mathématique posé au début du XIXᵉ siècle : l’équation de Navier-Stokes. L’équation tire d’abord son nom de l’ingénieur français Henri Navier, qui a posé le problème en 1822, puis du physicien britannique George Gabriel Stokes, qui lui a donné sa forme définitive en 1845. L’équation décrit comment les fluides, comme l’eau et l’air, se déplacent dans le temps, ce qui est très utile pour prédire la météo ou concevoir l’aile d’un avion.

Malheureusement, l’équation est restée une énigme depuis son apparition. Personne n’a jamais réussi à démontrer le fonctionnement de l’équation. En 2000, le Clay Mathematics Institute a classé ce problème parmi ses sept « problèmes du millénaire ». La fondation américaine a promis un million de dollars à qui parviendrait à résoudre l’énigme.

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Une équation résolue en 88 heures

Selon OpenAI, l’une des versions internes de ChatGPT a résolu l’équation en 88 heures. Pour cela, plus de 10 000 agents IA ont travaillé de concert. La start-up précise que toute l’opération a coûté des « millions de dollars » de puissance de calcul. Mark Chen, responsable de la recherche chez l’entreprise, estime qu’il s’agit « d’une étape significative de la recherche en IA ». La preuve mathématique elle-même a ensuite été vérifiée par GPT-6 Astra en 17 heures.

Cette annonce s’inscrit dans une série de percées mathématiques revendiquées par les géants de l’IA. En mai dernier, OpenAI indiquait déjà avoir résolu une énigme vieille de 80 ans. Plus récemment, la société révélait qu’Astra a résolu dix problèmes mathématiques restés insolubles depuis des décennies.

Des accusations de plagiat

Les propos d’OpenAI ont rapidement été contestés par le mathématicien australien Tristan Buckmaster, professeur à l’université de New York. Le scientifique s’interroge sur la manière dont OpenAI est parvenu à sa solution. Il révèle qu’il travaillait à une solution au problème de Navier-Stokes avec l’aide de Levent Alpöge, un employé d’Anthropic, la société rivale d’OpenAI. Selon Buckmaster, le modèle d’OpenAI a repris la piste qu’ils étudiaient, et qui différait de l’approche du reste de la communauté scientifique.

Le duo de chercheurs avait utilisé Codex, l’IA d’OpenAI dédiée à la programmation, pour faire avancer ses travaux. Buckmaster a donc demandé à OpenAI si ces données avaient servi, en interne, à entraîner ou orienter le modèle… ce qui expliquerait pourquoi ChatGPT est finalement parvenu à résoudre l’énigme. La théorie du chercheur est que l’IA s’appuie en fait sur ses propres recherches.

OpenAI nie fermement avoir exploité les recherches du duo. Le chercheur d’OpenAI Sébastien Bubeck assure n’avoir jamais « utilisé leurs requêtes ou leurs résultats pour diriger nos modèles ou nos agents ». OpenAI a tout de même admis avoir lancé ses recherches après avoir entendu dire que deux problèmes mathématiques allaient bientôt être résolus par d’autres équipes. Surtout, OpenAI reconnaît ne pas pouvoir garantir à 100% que les recherches de Buckmaster et Alpöge, menées avec l’aide de ses propres outils d’IA, n’ont pas indirectement contribué à améliorer ses modèles.

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Florian Bayard