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Cette voiture Xiaomi mystérieuse, aperçue en Alsace, laisse présager une arrivée en France

Xiaomi confirme l’arrivée de ses voitures électriques en Europe dès 2027, avec l’Allemagne en priorité… et peut-être la France. Un prototype a été repéré en test en Alsace.

Deux ans après son arrivée sur le marché automobile avec la SU7, Xiaomi vient enfin de poser une date officielle sur son arrivée en Europe. À l’occasion de sa toute première participation à l’IFA, la marque chinoise confirme viser 2027, avec l’Allemagne comme premier pays cité, sans pour autant lever le voile sur les modèles ou les prix.

Une date enfin officielle, un calendrier qui se précise sur le terrain

Au cours du salon berlinois, la marque a confirmé que l’arrivée de Xiaomi Auto est prévue sur le marché européen en 2027 avec l’Allemagne en ligne de mire. Le pays n’est toutefois pas présenté comme exclusif, ce qui laisse la porte ouverte à la France sans rien promettre pour autant. Cette date de 2027 circulait déjà depuis un an dans la bouche de William Lu, patron de la division auto, mais c’est la première fois qu’elle figure noir sur blanc dans un communiqué officiel destiné au marché européen.

Sur le terrain, les indices d’une préparation concrète s’accumulent. Un lecteur de nos confrères d’Automobile Propre a photographié une Xiaomi SU7 rose, immatriculée à Munich et bardée de capteurs (LiDAR rotatif Hesai sur le toit, caméras grand-angle à l’avant, antenne GPS haute précision à l’arrière), en pleine recharge sur une borne rapide à Saint-Louis, dans le Haut-Rhin, à quelques kilomètres de la frontière suisse et allemande. Une étiquette collée sur la portière précise que le véhicule sert au « développement » et à l’amélioration de la sécurité routière. Ce n’est pas la première apparition du genre en France : d’autres prototypes similaires avaient déjà été repérés à Metz fin février, puis ailleurs en mars.

Huit distributeurs allemands déjà sous contrat

Xiaomi ne s’est pas contenté d’une annonce de calendrier. Lors de sa conférence de presse à l’IFA, le groupe a signé des lettres d’intention avec huit groupes de distribution automobile allemands : Emil Frey Germany, Ernst Dello Group, Autohaus Dinnebier, Hahn Automobile, LUEG Mobility Group, Fett & Wirtz, SPT Avior et Penske-Jacobs. L’Allemagne ne devrait constituer qu’un point de départ, la marque prévoyant des partenariats similaires sur d’autres marchés européens par la suite.

Xiaomi Su7 Max Ifa 2026
© Thomas Estimbre / 01net

Cette stratégie s’accompagne d’investissements massifs annoncés : plus de 24 milliards d’euros consacrés à la recherche et développement dans le monde entre 2026 et 2030, avec un accent particulier sur l’intelligence artificielle, les systèmes d’exploitation, les semi-conducteurs, les véhicules intelligents et la robotique.

« Human x Car x Home » : la voiture comme télécommande de la maison

Sur son stand berlinois, Xiaomi ne présente pas seulement des voitures à toucher, mais toute une vision d’écosystème baptisée « Human x Car x Home ». L’idée n’est pas totalement nouvelle, mais elle se fait de plus en plus concrète et passe par la voiture. Le géant chinois veut en faire  un point de contrôle supplémentaire pour piloter sa maison connectée, au même titre qu’un smartphone. Depuis l’habitacle, il devient possible de contrôler certains aspects de la maison connectée, comme fermer des rideaux connectés, ou encore allumer la climatisation du domicile.

Xiaomi Su7 Max Interieur Ifa 2026
© Thomas Estimbre / 01net

À plus long terme, Xiaomi affirme vouloir aller au-delà du simple contrôle manuel appareil par appareil, avec une intelligence artificielle capable de coordonner l’ensemble des équipements (voiture, smartphone, domicile) en fonction du contexte de l’utilisateur, le tout appuyé sur son système d’exploitation maison HyperOS. Le stand accueille aussi un concept plus expérimental, la Xiaomi Vision Gran Turismo, une hypercar électrique conçue pour la série de jeux vidéo Gran Turismo. Cette dernière ne se conduira donc que virtuellement, mais elle permet à la marque de réaliser un véritable exercice de style et de s’offrir une belle vitrine.

Une croissance en trompe-l’œil sur le marché domestique

Xiaomi vient tout juste de franchir un cap symbolique en Chine, avec plus de 500 000 exemplaires de la SU7 livrés depuis son lancement il y a un peu plus de deux ans. Un chiffre important pour une entreprise qui ne fabriquait aucune voiture avant 2024, mais qui cache une réalité plus contrastée : les ventes de la berline électrique ont chuté de 43,6% cette année, avec seulement 101 540 exemplaires livrés sur les sept premiers mois de 2026.

La production globale progresse malgré tout d’environ 15 %, à 216 322 véhicules, portée cette fois par le SUV YU7. Lancé en juin 2025, il a détourné une partie de la clientèle de la SU7 tout en allant chercher des acheteurs jusque chez Tesla, directement sur le terrain du Model Y. Le problème pour Xiaomi est que ces 216 322 véhicules ne représentent que 39 % de l’objectif annuel fixé. Le groupe visait en effet 550 000 ventes sur 2026. Pour combler ce retard d’ici la fin de l’année, la marque devrait livrer en moyenne 67 000 véhicules par mois, soit peu ou prou doubler son rythme actuel, un objectif qui paraît difficilement atteignable. La gamme Sky Nomad, composée de modèles hybrides à prolongateur d’autonomie plus familiaux que les SU7 et YU7, arrive en renfort dès septembre, mais sans doute trop tard pour rattraper significativement l’écart sur l’année.

Quels modèles pour l’Europe, et à quel prix après la douane ?

Sur la question des modèles qui traverseront réellement jusqu’en Europe, Xiaomi reste flou. Le stand expose la SU7 et la SU7 Ultra, mais le catalogue chinois compte aussi le YU7, sa déclinaison YU7 GT et le tout récent Sky Nomad. Un SUV aurait statistiquement plus de chances de séduire en Europe qu’une berline, mais le YU7 accuse déjà plusieurs mois d’attente en Chine, où Xiaomi a précisé vouloir d’abord servir sa clientèle domestique avant d’exporter.

Le vrai point d’ombre reste cependant la question douanière. Depuis le 31 octobre 2024, toute voiture électrique fabriquée en Chine paie 10 % de droits de douane classiques à l’entrée dans l’Union européenne, auxquels s’ajoutent des surtaxes calculées au cas par cas. Dans le détail, elles s’élèvent actuellement à 17 % pour BYD, 18,8 % pour Geely et jusqu’à 35,3 % pour SAIC. Xiaomi ne vendait pas encore de voitures pendant l’enquête menée par Bruxelles, elle n’a donc à ce jour aucun taux qui lui soit propre. Selon l’interprétation retenue par la Commission européenne, la marque pourrait se voir appliquer 20,7% (catégorie des « autres sociétés ayant coopéré » à l’enquête) ou jusqu’à 35,3 % (catégorie des constructeurs non coopérants).

Une porte de sortie existe cependant depuis février 2026. Volkswagen a obtenu, une première du genre, l’exemption de cette surtaxe pour son Cupra Tavascan (assemblé en Chine), en échange d’un engagement sur un prix minimum à l’importation et d’un quota annuel de volumes. Le SUV reste soumis au seul droit de douane de base de 10 %, sans la surtaxe additionnelle de 20,7 % qu’il payait jusque-là. Pour Xiaomi, trois options se dessinent désormais et cela commence par négocier un accord similaire impliquant un plancher de prix qui le priverait en partie de son arme tarifaire habituelle. Les autres options sont d’assembler ses véhicules directement en Europe (une piste jamais évoquée à ce jour par le groupe), ou de payer la surtaxe intégrale.

Une concurrence chinoise déjà bien installée

Sur le terrain européen, la concurrence chinoise a pris de l’avance : BYD, Leapmotor, Xpeng et MG cumulent plusieurs années d’immatriculations et de garanties actives, certains ayant même relocalisé une partie de leur production en Europe pour limiter l’impact des surtaxes. En attendant un réseau officiel, certains passionnés importent déjà des SU7 via des plateformes en ligne directes, surtaxe comprise. Un public de niche qui ne suffira toutefois pas à remplir un réseau de concessionnaires une fois le lancement européen officiellement lancé.

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