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(Mise à jour) Nomination à haut risque à la tête de Gemplus ?

Le conseil d’administration du numéro un mondial de la carte à puce a entériné, jeudi soir, la nomination controversée d’Alex Mandl comme CEO. Candidat des actionnaires américains, ce dernier a annoncé sa démission du poste d’administrateur du fonds d’investissement de la CIA. Les syndicats restent inquiets.

Précédente publication le 28 août 2002La réunion du conseil d’administration du numéro un mondial de la carte à puce doit entériner, jeudi, la nomination controversée d’Alex Mandl comme CEO. Candidat des actionnaires américains, ce dernier travaille pour le fonds d’investissement de la CIA. Les syndicats s’inquiètent.C’est jeudi 29 août que le conseil d’administration de Gemplus avalisera ou non la nomination d’Alex Mandl au poste de CEO. Le syndicat majoritaire de Gemplus, l’USG (Union des salariés de Gemplus) ?” sans vouloir préjuger de la valeur de cet ancien cadre dirigeant d’AT&T, également fondateur de l’opérateur Teligent, aujourd’hui disparu ?” attire l’attention sur les liens entre Alex Mandl et l’agence de renseignement américaine, la CIA. Ce dernier est en effet conseiller technique d’ In-Q-Tel, un investisseur pas comme les autres).Même si ces accointances avec ce fonds, davantage centré sur la veille technologique que sur les transferts de brevets, semblent inoffensives, le seul nom de CIA a suffi à ranimer les inquiétudes déjà vives des salariés de Gemplus. Or, c’est le sort de l’un des fleurons technologiques français qui est en jeu.Gemplus n’a en effet pas trouvé de remplaçant permanent à Antonio Perez, démissionné de son poste de CEO à la fin de 2001. Depuis cette date, c’est Ron Mackintosh qui tient le rôle de CEO par intérim. En l’absence d’une direction stratégique précise, l’entreprise va de mal en pis. Elle qui, naguère, affichait un taux de croissance annuel moyen de 35 % enchaîne, aujourd’hui, les profit warning et les pertes. La trésorerie de l’entreprise est passée de 980 millions d’euros fin 2001 à 290 millions d’euros au mois d’août. Le moral des salariés est au plus bas, et les analystes financiers ne comprennent plus vraiment ce qui se passe. Aussi est-il urgent de trouver une solution.

Texas Pacific, seul contre tous ?

La difficulté à trouver un nouveau numéro un tient aux désaccords récurrents entre les actionnaires de Gemplus. D’un côté, le fonds d’investissement américain, Texas Pacific Group (TPG), dirigé par David Bonderman, qui détient 26 % des parts du capital. TPG, qui occupait la majorité des sièges au conseil d’administration, est depuis le 17 avril dernier en situation minoritaire, avec 6 membres au conseil sur un total de 13.Face à TPG, un bloc de défense s’est formé autour de Gemact, une association de défense des intérêts de Gemplus. Cette dernière est menée par les anciens fondateurs, dont Daniel Legal, membre du conseil d’administration, qui a déjà à son actif sa recomposition, le 17 avril dernier.Les deux autres acteurs de ce drame en huis clos, qui se tient à Genève ?” où toute l’équipe de management a été déménagée ?”, sont le fondateur et ex-PDG de Gemplus, Marc Lassus (15 % des parts), et les représentants de la famille Quandt (18,6 % des parts).Si cette dernière affiche une position neutre, Marc Lassus a, quant à lui, clairement dit ne plus vouloir soutenir TPG. Son influence est toutefois de plus en plus réduite. Il doit notamment faire face au remboursement d’un prêt en actions accordé par Gemplus (à ce moment-là contrôlé par TPG) d’un montant de 70 millions d’euros (soit 20 millions d’actions à 3,5 euros, qui ne valent actuellement plus que 0,80 euro l’unité).La candidature d’Alex Mandl est soutenue par TPG, et il est actuellement le seul en lice pour ce poste. Selon TPG, rien ne saurait remettre en cause la proposition d’Alex Mandl. Selon d’autres sources, tout serait même déjà prêt à Genève pour accueillir le nouveau PDG.

Un seul vote peut faire basculer la décision

Reste que la majorité des votes du conseil n’appartient pas à TPG. Un seul vote en faveur d’Alex Mandl suffirait cependant à TPG pour l’emporter. La famille Quandt, dont deux représentants siègent au conseil d’administration, s’apprêterait à voter contre, ayant déjà été échaudée par la faillite de Teligent, dont Alex Mandl était fondateur et CEO.Thierry Dassault, présent au conseil, serait également sur le point de rejeter la candidature d’Alex Mandl. Dernier actionnaire minoritaire, Ziad Takiedinne, fatigué de voir le cours de Bourse descendre et la valeur de son portefeuille diminuer, pourrait se laisser tenter par la solution Alex Mandl.La réponse officielle est attendue vendredi, au lendemain de ce conseil d’administration historique, qui promet de se poursuivre tard dans la soirée. Si la candidature d’Alex Mandl est rejetée, il est probable que le conseil d’administsration se tournera vers un nouveau CEO par intérim, issu de lactuelle équipe de management.

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David Prud'homme