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Mega et son système de financement, déjà dans la ligne de mire des antipirates

Les sources de revenus de Mega pourraient d’ores et déjà être menacées. Une entité, liée à l’industrie du divertissement pour adulte, est partie en croisade dès dimanche contre ces sites partenaires qui revendent des abonnements à Mega.

Lancé depuis samedi 19 janvier dernier, Mega pourrait bien avoir quelques soucis rapidement. Non pas seulement techniques, comme ceux que tous les utilisateurs ont rencontré ces derniers  jours. Ce souci, bien plus grave pour son devenir, est plutôt à chercher du côté de ceux qui luttent contre le pirate et les outils de partage de fichiers illégaux.

Tarir la manne

C’est le cas de Stop File Lockers et de son représentant Robert King, Australien qui est lié à l’industrie des divertissements pour adultes… Un secteur d’activité qui souffre beaucoup du piratage. Stop File Lockers fait la chasse aux sites qui hébergent des fichiers illégaux ou pointent vers eux. Il les chasse et les met à terre en coupant leurs arrivées financières, en demandant à ce que le paiement via PayPal soit interdit, par exemple. L’asphyxie par le manque d’argent comme arme de lutte. Très efficace.

Pas différents des autres services pirates

Kim Dotcom a beau annoncé, à qui veut l’entendre, jouer le jeu du respect des copyrights, ce n’est pas l’avis de Robert King qui déclarait à TorrentFreak, à propos de garanties permettant aux ayant-droits de vérifier que des fichiers pirates ne sont pas hébergés : « Vu les nombreuses fonctions de sécurité manquantes, nous pensons que Mega n’est pas différent des autres sites de stockage dont les services de paiement ont été suspendus ou arrêtés. »

Et d’enfoncer le clou : « Nous avons déjà détecté un nombre significatif de contenus illégaux et qui violent le copyright partagés sur le nouveau Mega. Il existe des sites qui partagent des centaines de liens vers des contenus non respectueux du copyright [hébergés] sur Mega. » Il n’a en effet pas fallu longtemps pour que les premiers annuaires de liens de téléchargement fassent leur apparition sur le Web.

Attaques ciblées

Stop File Lockers surveille donc avec une grande attention Mega et la façon dont il est utilisé. On ne peut dès lors s’empêcher de penser que Robert King et ses semblables pourraient menacer le développement et la pérennité des offres de stockage dans le cloud. Mais il affirme l’inverse, ne se trompant pas de cible : « Nous ne nous en sommes jamais pris et ne nous en prendront jamais à des services légitimes [au sens légal, NDLR] comme Dropbox. Quoi qu’il en soit dès ses origines le nouveau Mega n’a pas été pensé pour être un service de stockage dans le cloud légal puisqu’il a toutes les qualités fondamentales d’un service de stockage illégal. La seule chose qui manque à ce stade est un programme d’affiliation ». Programme par lequel l’argent est reversé à des sites partenaires.

La chasse est ouverte

Avant le lancement de Mega, Kim Dotcom annonçait avoir trouvé assez de financement pour couvrir les frais d’ouverture de son service. Pour autant, rapidement, il devra renforcer son modèle économique et reconstituer une structure rentable. C’est bien à ce moment que Stop File Lockers risque de saisir la balle au bond. La chasse est d’ores et déjà ouverte. Sur son site, Stop File Lockers commence déjà à repérer et lister les services qui revendent des abonnements à Mega en permettant le paiement via PayPal. On lit ainsi sur ce site : « Nous commencerons dès aujourd’hui (dimanche 20 janvier 2013, NDLR) à nous assurer qu’aucun revendeur de Mega n’est capable de proposer des paiements en recourant à Visa, Mastercard ou Paypal. »

Le combat est engagé entre Kim Dotcom et ses vieux adversaires, entre pirates et ayant-droits, pour le respect des droits d’auteur. Au moins pour ceux de l’industrie pornographique…

Sources :
TorrentFreak
Stop File Lockers

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Pierre Fontaine