Passer au contenu

Lucent met ses start-up en couveuse

Lucent a créé une quinzaine de start-up dans le but d’amener à maturité des technologies apparemment prometteuses. Elles sont ensuite revendues, fermées ou réintégrées aux laboratoires de recherche et développement du constructeur.

On ne sait jamais quand une nouvelle technologie tiendra ses promesses, ni même si elle les tiendra un jour. D’où l’idée qu’a eu Lucent, en 1996, de créer des start-up autour de ces technologies qui semblent prometteuses, mais dont on ne voit pas les applications immédiates. Les centres de recherche et développement du constructeur (Bell Labs) peuvent alors se concentrer sur les produits aux débouchés plus immédiats. Une démarche qui ressemble à celle de Newbridge, avec ses sociétés ” affiliées “.

“Cette politique permet de retenir de brillants cerveaux, qui, sans cela, quitteraient la maison “, précise Thomas M. Uhlman, président du Venture Group chez Lucent. Ces sociétés sont aujourd’hui au nombre de seize, parmi lesquelles quatre sont détenues à part entière par le constructeur, les autres accueillant des capitaux extérieurs. “Plus qu’à leur chiffre d’affaires, non significatif pour ce genre d’entreprise, nous mesurons leur intérêt en foction des sommes investies par les sociétés de capital-risque “, souligne Thomas M. Uhlman.

Le chercheur, un élément fondamental

Ceux-ci y ont injectées, à ce jour, plus d’une centaine de millions de dollars.
Outre l’intérêt potentiel de la technologie étudiée, la personnalité du chercheur pèse également dans la décision de créer ou non une start-up. “C’est un aspect que nous avions négligé au début, et qui se révèle fondamental. La personne doit aussi avoir l’esprit d’entreprise.” Généralement, le chercheur devient le directeur technique de la nouvelle entreprise, et Lucent embauche un PDG (CEO) qui conduit l’affaire.
Le sort de ces start-up est varié : être revendues (deux l’ont déjà été) ; fermées parce que jugées sans avenir ; ou encore tout simplement réintégrées dans les Bell Labs. Ce fut le cas de deux d’entre elles, l’une spécialisée dans la téléphonie sur IP, et l’autre dans le codage vidéo Mpeg. Cette dernière est aujourd’hui rattachée à la division optique de Lucent.

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Jean-Pierre Soulès