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Les services résistent mieux en régions

C’est dans la zone Île-de-France/Centre, où sont concentrés les trois quarts de l’activité, que le marché des services informatiques affiche le plus fort recul. L’Est et le Sud-Ouest sont, en revanche, les régions les plus dynamiques
avec une croissance de 3 %.

En régions, les services informatiques accusent un recul nettement moins important que celui de la zone Île-de-France/Centre dont les décroissances sont respectivement de 2,8 % et de 4,7 %.C’est ce qui ressort de l’étude sur ‘ Le marché des services informatiques dans les régions ‘, menée par Pierre Audoin Consultants et dont l’édition 2003 vient de paraître. Ronan Mevel,
consultant en charge de cette enquête, invoque deux raisons majeures à cette situation : une baisse des prix moins importante en régions et un tissu économique constitué d’un grand nombre de PME. ‘ En 2003, les grands
comptes, très présents en Île-de-France, ont sévèrement ralenti leurs dépenses informatiques, alors que les PME, encore sous-équipées, ont continué à investir. Par ailleurs, ces mêmes grandes entreprises sont de plus en plus vigilantes sur les
tarifs de leurs prestataires, faisant jouer la concurrence. Résultat : les prix ont été tirés vers le bas et sont revenus à des valeurs plus acceptables que celles pratiquées par les SSII de la région parisienne à la fin des
années
90. Un phénomène qui n’a d’ailleurs pas eu lieu dans les mêmes proportions en régions ‘, développe Ronan Mevel.La pratique de l’offshore contribue également à la baisse d’activité en région parisienne. ‘ Les grands comptes sont de plus en plus sollicités par des offres de délocalisation à l’étranger. Ce qui n’est pas le
cas, encore, en province ‘,
constate Lydie Texier, directrice du développement commercial en régions chez Unilog.Ces mêmes grandes entreprises clientes n’hésitent pas non plus à transférer certaines de leurs activités informatiques en province, où les coûts sont nettement moins élevés.

La croissance d’une région est tributaire du tissu économique et de ses spécificités

Pour l’année 2003, le marché des services informatiques devrait représenter 16,7 milliards d’euros : 12,4 milliards réalisés en Île-de-France/Centre et 4,3 milliards d’euros en régions (Ouest, Nord, Est,
Rhône-Alpes-Auvergne, Méditerranée, et Sud-Ouest).


Toutefois, les prestations de services diffèrent entre Paris et la province.


Alors que le ‘ caris ‘
 ?” c’est-à-dire les activités de conseil, assistance technique, réalisation et intégration de système ?” représente encore plus de 73 % en régions, il n’est que
de 59 % en Île-de-France/Centre.Ces résultats révèlent que les activités d’externalisation (infogérance et TMA) sont plus importantes sur la grande couronne parisienne qu’ailleurs.


Bien sûr, la croissance de chaque région est tributaire du tissu économique et de ses spécificités.


L’Est et le Sud-Ouest affichent une croissance autour de 3 %, grâce à de fortes activités industrielles locales. ‘ Les grands projets d’EADS Airbus du pôle de Toulouse sont les principaux moteurs du marché
des services informatiques pour la région sud-ouest ‘,
explique ainsi Vincent Gouteux, directeur des ventes pour le domaine applications industrielles et scientifiques chez Communication et Systèmes (CS).


L’est de la France, de son côté, bénéficie surtout de l’implantation de constructeurs automobiles et de leurs sous-traitants.


Les régions Ouest et Sud-Est sont restées stables en maintenant leurs activités mais n’ont enregistré aucune croissance.


En revanche, les résultats des régions Rhône-Alpes et Nord sont décevants : toutes deux enregistrent une décroissance de 2 %.

CGE&Y s’impose partout

‘ Le Nord doit faire face à deux phénomènes. D’un côté, de grands groupes qui ont cessé leurs activités en 2003 et de l’autre les SSII locales qui souffrent de la proximité de la
capitale ‘,
poursuit le consultant.En Rhône-Alpes, ce sont les réductions drastiques des dépenses informatiques de grands comptes comme France Telecom, HP ou STMi-croelectonics qui ont fait plonger l’activité des services informatiques. L’étude révèle également une
très forte dominance de Cap Gemini Ernst & Young (CGE&Y), qui arrive en tête de liste dans chaque région (hors Île-de-France et Centre). ‘ C’est le résultat d’une stratégie de développement régional avec l’ouverture
d’agences qui porte ses fruits, et qui sera encore renforcé après l’intégration de Transiciel, également très présent localement ‘,
explique Ronan Mevel. Hormis CGE&Y, Transiciel est, en effet, la seule SSII à être
classée parmi les dix meilleures de chaque région.


Cette société arrive en seconde position dans le Sud-Est et le Sud-Ouest.


D’autres SSII sont également en bonne place. IBM Global Services (IGS), par exemple, se positionne dans le trio de tête dans les régions Rhône-Alpes, Sud-Est et Nord. ‘ IBM profite de son important parc installé
d’AS/400 et d’iSeries, qui génère un nombre conséquent de contrats de maintenance ‘,
précise Ronan Mevel. Mais IGS doit faire face à de nombreux concurrents, comme Unilog et Altran qui réussissent à se positionner
respectivement second en région Ouest et en région Est. ‘ De nombreuses grandes entreprises ont ouvert des filiales en Bretagne, où nous avons enrichi de manière importante notre force commerciale ‘,
ajoute Lydie Texier chez Unilog.


Parmi les autres SSII bien représentées, on peut citer CS, Sopra, GFI, Sema ainsi que Steria.Selon les prévisions de PAC, le marché régional des services informatiques devrait renouer avec la croissance dès l’an prochain. ‘ L’année 2004 s’amorce sous de meilleurs auspices : les carnets de commandes
des sociétés de services se remplissent et les taux d’intercontrats diminuent ‘,
souligne Ronan Mevel.Au regard des conclusions de l’étude du Syntec, on peut s’attendre l’an prochain à une forte croissance en régions des services d’externalisation, qui ne comptent actuellement que pour 27 % dans le CA global. Les régions
devraient également bénéficier d’un transfert plus important d’activité des grandes entreprises d’Île-de-France vers la province.

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Juliette Fauchet et Gilbert Kallenborn