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Le juste prix de Computer Associates…

Règlement de comptes à Orlando, où l’éditeur de logiciels, spécialiste des systèmes d’information, a dû justifier sa gestion, attaquée par un actionnaire minoritaire.

Un projet de Mickeys ! “. Même avec le sourire, le charismatique chairman et fondateur de Computer Associates (CA), Charles Wang, ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque le contentieux qui, avec Sanjay Kumar, PDG de la société, l’oppose à Sam Wyly. Sam Wyly est actionnaire de CA, un actionnaire minoritaire (1 % des parts, environ 60 millions de dollars, soit 69,8 millions d’euros), mais mécontent. Plutôt que de vendre ses parts, il a décidé de tenter de mettre la main sur la société. Fin juin, ce milliardaire texan entreprend une campagne auprès des investisseurs pour prendre le contrôle du conseil d’administration de l’entreprise. Sam Wyly détient des parts dans CA depuis la cession à l’éditeur de deux sociétés qu’il possédait : University Computing en 1987 (pour 840 millions de dollars) et Sterling Software début 2000 (4 milliards de dollars). Malgré les 5,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires du dernier exercice, Sam Wyly reproche désormais aux dirigeants, Charles Wang et Sanjay Kumar, une mauvaise gestion de la société et dénonce une rentabilité négative de 11 % sur les cinq derniers exercices. L’action s’inscrit actuellement à 5 dollars contre un plus haut historique de 16.

Appel à démantèlement

Le milliardaire propose de renverser la tendance en prenant le contrôle de la société puis en la partageant en quatre unités indépendantes organisées par activités : l’administration des systèmes d’information, du stockage, de la sécurité et du knowledge management. Interpellé à ce sujet lors du CA World, la convention annuelle de l’éditeur, qui se tenait à du 8 au 10 juillet à Orlando (Floride), Charles Wang a qualifié cette affaire “d’événement malheureux et inopportun“. Face à cette “véritable agression contre les actionnaires“, le 2 juillet, Sanjay Kumar et Charles Wang ont attaqué Wyly en justice pour diffamation envers la société et ses dirigeants. Au-delà du côté western, cette histoire pose le problème de la valorisation des entreprises qui ont plusieurs activités. Depuis une dizaine d’années, les analystes préfèrent les entreprises qui sont concentrées sur une seule activité. Cela permet une forte visibilité. Mais se concentrer sur une seule activité n’est pas le gage d’une valorisation plus élevée. La division en quatre unités ne se traduirait pas forcément par une création de valeur. Les exemples de la valorisation des concurrents américains de CA sont contradictoires. Ainsi, BMC Software, dans l’administration de système, vaut 4,8 fois son chiffre d’affaires contre 3,8 fois pour CA. Borland Software et Verity, dans le secteur de la gestion du savoir, sont respectivement valorisés 4,3 et 4 fois le chiffre d’affaires prévu en 2001. À l’inverse, Network Associates se négocie 2,1 fois son chiffre d’affaires. Il ny a donc pas de règle.

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Christophe Dupont à Orlando