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LE GPRS SE H?’TE LENTEMENT

Censé faire le pont entre l’actuel GSM et le futur UMTS à très hauts débits, le GPRS a pris un peu de retard. Si tout se passe bien, la rentrée de septembre devrait se faire sous le signe du GPRS.

Il s’excuse, il aura un peu de retard. Le GPRS s’annonçait pour le printemps, il sera là… plutôt à l’automne. Il semblerait, en fait, que le ratage du WAP ait entraîné une certaine prudence chez les acteurs du marché. Le GPRS (General packet radio service) promet d’ailleurs de donner une nouvelle vie à ce WAP agonisant. “Je ne peux pas laisser dire que le WAP est moribond, rien qu’en pensant aux 480 000 utilisateurs actifs que compte Itinéris “, récuse gentiment Guy Lafarge, directeur du marketing de la branche Mobile de France Télécom. Chez ses deux autres concurrents, on ne se hasarde pas à donner de chiffres, et on ne s’étend pas sur le sujet. De plus, Itinéris ne révèle pas le volume consommé réellement par ses “480 000 utilisateurs actifs “.

Le WAP pourrait-il renaître de ses cendres ?

L’insuccès du WAP vient très certainement des opérateurs. Dans une course acharnée à vouloir être les premiers, SFR et Itinéris ont lancé des services baptisés Internet mobile, qui n’étaient pas prêts, et dont les débits plongeaient l’utilisateur dans un profond sommeil avant d’obtenir la page réclamée. Le GPRS, on nous le promet, doit changer tout cela. Enfin… un peu. En effet, alors que le GPRS devait autoriser des transferts de données à quelque 115 kbit/s, les premiers services offriraient plutôt des débits compris entre 20 et 30 kbit/s. On ne peut pas tout avoir… D’ailleurs, dans les pays où le GPRS est déjà présent (en Finlande, en Grande-Bretagne ou en Suède), les premiers retours d’expérience montrent que les temps de connexion sont d’environ vingt secondes. Le GPRS devrait, à terme, les ramener à une dizaine de secondes. Ce qui changera fondamentalement, en revanche, c’est le mode de facturation qui ne se fera plus à la durée, mais en fonction du volume d’informations téléchargées.“Le GPRS n’est pas tout à fait prêt “, avouent volontiers, et sans honte, Bouygues Telecom et Itinéris. De son côté, SFR voulait montrer qu’il était le premier en annonçant, triomphalement, le premier réseau GPRS français en décembre dernier. Un réseau qui ne pouvait pas avoir d’abonnés… puisque l’opérateur n’avait pas obtenu de terminaux de ses fournisseurs. “Nous testons le GPRS avec des prototypes, en partenariat avec quelques grandes entreprises comme HP et la SNCF, mais nous ne disposons effectivement pas de terminaux finis “, reconnaît Pierre Bardon, directeur général de SFR. Quand une technologie arrive, l’opérateur le plus prudent se révèle souvent être Bouygues Telecom.Ainsi, l’opérateur a ouvert son premier site GPRS en mai 2000, et le réseau devrait avoir la même couverture que celle du GSM vers le mois de mai prochain, avec une ouverture commerciale en juin 2001. Ces quelques mois devraient être mis à profit par les opérateurs pour régler les derniers détails de compatibilité entre terminaux et équipements de réseau.

Les terminaux manquent à l’appel

“Ces problèmes sont tout à fait normaux, et tous les opérateurs les ont rencontrés au moment de lancer les services GSM”, explique Francis Bernard, directeur marketing et développement de Bouygues Telecom. Dans le courant du mois de mars prochain, Bouygues Telecom et Itinéris lanceront des tests auprès de leurs clients après les essais en interne (une centaine d’employés de Bouygues possèdent des téléphones GPRS).Mais, même pour ces expérimentations, les opérateurs attendent les terminaux. Ces derniers seront donc très certainement les grandes vedettes du prochain GSM World Congress, qui se tiendra du 20 au 23 février 2001 à Cannes. Il semble que, outre les petits problèmes de compatibilité, les terminaux ne soient pas prêts à être produits en masse. Quelques constructeurs, dont Alcatel, devraient être en mesure d’en livrer de petites quantités dès juin 2001 (des déclinaisons de ses dernières gammes 500 et 700), mais la plupart d’entre eux ne lanceront la production en nombre qu’à partir du mois de septembre prochain. À cette date, Itinéris espère pouvoir approvisionner ses points de vente uniquement en terminaux GPRS.De son côté, Bouygues pense qu’entre 10 et 30 % des terminaux livrés seront adaptés à cette technologie. SFR reconnaît “naviguer à vue “, et être entièrement dépendant des constructeurs, qui ne lui ont pas donné de date précise pour effectuer les livraisons. Certains observateurs estiment que la production pourrait être lancée plus tôt, mais que des stocks de terminaux WAP restent à écouler avant de passer à la nouvelle génération de mobiles. En ce qui concerne Itinéris, seul Motorola avait effectué, au milieu du mois de janvier 2001, le cycle complet de qualification de ses terminaux. C’est encore l’Américain qui a fait preuve de la meilleure inventivité lors du salon Telecom Asia du mois de décembre dernier, avec sa gamme de téléphones Accompli, hybride de téléphone et d’assistant personnel.Guy Lafarge annonce avoir commandé entre huit cent mille et un million de terminaux pour “amorcer la pompe”, en attendant la disponibilité totale et sans restriction des mobiles. Répondant sur le retard pris par les équipementiers, Philippe Keryer, vice-président marketing de l’activité Communication mobile d’Alcatel, tient à relativiser : “Dans le réseau, nous sommes tout à fait dans le plan de marche que nous avions arrêté, et qui prévoyait l’ouverture d’au moins un réseau GPRS, ce qui est le cas au Portugal.” Et d’estimer que d’autres fournisseurs n’ont peut-être pas fait les efforts nécessaires pour avancer plus vite sur ce marché.

Encore faut-il inventer des nouveaux services !

Reste à définir les services qui ne devront pas être du même acabit que ceux actuellement proposés avec le WAP. Les trois opérateurs s’accordent à dire que les applications pour entreprises seront très importantes, notamment avec le développement d’Intranet mobiles. “Le débit offert par le GPRS ainsi que la disponibilité de nouveaux terminaux de type PDA devraient être le point de décollage du transfert de données dans l’entreprise “, estime Francis Bernard.En France, l’ART vient de recevoir les dossiers de candidature pour les licences de téléphonie mobile de troisième génération, au moment où opérateurs et constructeurs ont déjà du mal avec la génération intermédiaire. Tout n’irait-il pas trop vite ?

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Jérôme Desvouges