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Le gendarme antitrust rejette la plainte de Qwant, qui déplore « une étonnante tolérance vis-à-vis de Microsoft »

L’action en justice de Qwant contre Microsoft, pour pratiques anticoncurrentielles liées à Bing, a été rejetée. Le moteur de recherche français a fait appel de la décision.

Mi-octobre, le moteur de recherche français Qwant expliquait que sa plainte contre Microsoft était sur le point d’être classée par le gendarme français de la Concurrence. Ce jeudi 27 novembre, c’est chose faite. L’action en justice déposée en janvier dernier pour pratiques anticoncurrentielles liées au moteur de recherche Bing est rejetée, apprend-on dans un communiqué de l’autorité de la Concurrence.

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Pour cette dernière, Qwant n’est pas parvenu à prouver que Microsoft serait en position dominante sur le marché des moteurs de recherche destiné aux entreprises. Notamment parce que sur ce marché, c’est Google qui est « ultra dominant », selon la Commission européenne citée par le gendarme français.

Des pratiques qui ont « ralenti l’innovation dans un domaine stratégique », selon Qwant

Même topo pour « les conditions de l’abus de dépendance économique », que le moteur de recherche français ne serait pas parvenu à prouver. L’autorité de la Concurrence rappelle que Qwant, qui utilise les services de Microsoft depuis 2016, est en train de développer sa propre alternative. En juin dernier, il s’est associé avec l’allemand Ecosia pour construire un index de recherche européen, et contrer les géants américains.

L’ensemble de la décision est décrit par Qwant comme « minimis(ant) l’impact réel des pratiques anticoncurrentielles de Microsoft sur le marché européen de la recherche et de l’accès au web ». La société française accusait le géant américain de pratiques anticoncurrentielles, comme une hausse soudaine des prix des services d’indexation de Bing, survenue début 2023.

L’entreprise tricolore, qui a fait appel, déplore, dans un communiqué, des « pratiques d’exclusivités anticoncurrentielles, de ventes liées, d’imposition de conditions contractuelles discriminatoires, et une exploitation de la dépendance imposée par Microsoft à ses partenaires ». Ces mesures « ont non seulement biaisé la concurrence, mais (elles ont) aussi ralenti l’innovation dans un domaine stratégique pour la souveraineté numérique de l’Europe », ajoute la société française.

Microsoft se félicite d’une telle décision

Pour rappel, Microsoft s’appuie sur son moteur de recherche, Bing, pour fournir des résultats de recherche et d’actualités à ses utilisateurs. S’il possède une part de marché minime auprès des internautes, on retrouve ses résultats dans bon nombre de petits moteurs de recherche, notamment en Europe : Qwant, Ecosia ou encore DuckDuckGo enrichissent leurs résultats avec ceux de Bing, une utilisation qu’ils paient.

Or selon Qwant, Microsoft favoriserait son propre moteur de recherche, Bing, en livrant à ses rivaux mais néanmoins clients des résultats de moins bonne qualité. La société française Qwant avait donc déposé plainte. Et en juin dernier, le moteur de recherche avait ensuite demandé à l’autorité française de prendre des mesures provisoires à l’encontre de la firme de Redmond.

Sans succès, puisque ces deux demandes sont rejetées. Pour Qwant, l’autorité française de la Concurrence fait preuve « d’une étonnante tolérance vis-à-vis de Microsoft ». L’appel formé par l’entreprise pourrait permettre de rétablir « des conditions de concurrence équitables (…) pour l’ensemble des acteurs européens de la recherche en ligne ».

De son côté, Microsoft s’est félicité d’une telle décision, expliquant rester « déterminé à fournir des services de recherche en ligne de haute qualité et à favoriser l’innovation pour les consommateurs et les partenaires ,en France et dans toute l’Europe ».

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