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Java décroche une licence open source

Sun rend disponible son langage de développement sous licence GPL. La communauté du logiciel libre applaudit et y voit un soutien majeur.

Sun franchit pour de bon le Rubicon du logiciel libre. Durant l’été, l’éditeur avait annoncé son intention de libérer le code source de Java, son langage de programmation vedette, et de le mettre à la disposition, sous une licence
open source, d’ici à la fin de 2006. C’est aujourd’hui chose faite.Java devient accessible à tout développeur sous GPL (ou GPL GNU), licence de la Free Software Foundation (FSF). Sont concernés Java Standard Edition (SE), Micro Edition (ME) et Enterprise Edition (EE). A l’exception des bibliothèques de
classes Java SE (interface graphique, interfaces de programmation ou de réseaux, par exemple) qui ne seront disponibles que dans six mois.Pour Sun, qui avait déjà fait plusieurs pas en direction du libre ?” avec OpenOffice et le format OpenDocument,
sans oublier Open Solaris et le passage récent de Java EE sous licence libre CDDL (1) ?”, il s’agit de surfer sur la vague montante de Linux,
‘ là où nous disposons d’une forte marge de progression ‘, estime Alexis Moussine-Pouchkine, architecte Java chez Sun. Ce dernier veut stimuler sa plate-forme en séduisant les développeurs. Pour
l’éditeur, il s’agissait aussi de tenir compte de l’arrivée de projets libres concurrents, comme
Harmony de la Fondation Apache, visant à créer une version open source de Java SE, présentée comme le ‘ Linux de Java ‘.Avec la fin des barrières techniques et réglementaires, Java va en effet pouvoir intégrer les distributions Linux, qu’elles s’appellent Red Hat, Suse ou Ubuntu, ce qui n’était pas possible jusqu’ici. ‘ Java va
être emmené là où il n’est jamais allé. Comme dans des applications de gestion, par exemple, ou dans des lecteurs Blu-ray. Ces derniers intégreront ainsi un jour une machine virtuelle. ‘

‘ Le piège Java est levé ‘

Sun n’abandonne pas pour autant tous ses droits sur Java. Ainsi, pour obtenir le droit d’utiliser cette appellation, tout développement devra passer des tests de compatibilité. Par ailleurs, aux côtés de la licence GPL, subsiste une
licence commerciale qu’acquerront des entreprises (comme Nokia) pour s’assurer un support client de la part de Sun.A noter qu’une troisième voie, entre la licence libre et la licence commerciale, est également proposée : la licence GPL avec exception ‘ Classpath ‘, définie par la FSF. Un moyen pour Sun de rassurer les
entreprises et de ne pas les obliger à publier automatiquement le code d’applications développées en Java, comme l’imposerait la seule licence GPL.Dans la communauté libre, cette date est à marquer d’une pierre blanche. ‘ C’est un soutien de poids au logiciel libre, une contribution majeure ‘, considère Frédéric
Couchet, délégué général de l’April (Association pour la promotion et la recherche en informatique libre), à laquelle Sun adhère désormais. Pour lui, le choix de la licence GPL GNU est propre à satisfaire les utilisateurs comme les entreprises.L’April considère que le choix de Sun va lever ‘ le piège Java ‘. En effet, des logiciels libres écrits en Java dépendaient jusqu’ici de bibliothèques non libres, ce qui ne permettait pas
leur exécution dans un environnement 100 % open source et nécessitait de faire appel à une machine virtuelle propriétaire ?” celle de Sun ou d’IBM. Une contrainte désormais levée.(1) Cette version était déjà disponible sous licence open source CDDL (Community Development and Distribution License).

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Guillaume Deleurence