Le piratage des impôts continue de faire parler de lui. Alors que la France organisera bientôt un Conseil de défense inédit en présence d’Emmanuel Macron, l’association AC !! Anti-corruption vient de déposer une plainte contre X. Née en 2021, l’association se consacre à la lutte contre la corruption des élus, à la défense de l’intérêt général et de l’environnement, ainsi qu’au soutien des lanceurs d’alerte.
Déposée auprès du parquet national financier (PNF), la plainte pointe du doigt plusieurs infractions potentiellement survenues dans le sillage du piratage de la Direction générale des Finances publiques, à savoir la corruption, la violation du secret fiscal et le vol de données.
À lire aussi : Plus de 700 000 IBAN piratés – une seconde mutuelle victime d’une fuite massive de données en France
Des soupçons de corruption ?
Dans l’annonce de la plainte, l’association précise qu’elle ne souhaite pas « mettre en cause l’administration fiscale ». La démarche ne consiste pas à épingler les manquements du fisc. La plainte vise plutôt à « rechercher l’éventuelle existence d’un acte individuel de corruption commis au sein ou à proximité de celle-ci au bénéfice des auteurs des cyberattaques ». En clair, l’association estime qu’il est possible qu’un agent de l’administration ait été corrompu par les cybercriminels. C’est avec l’aide de cet individu que les pirates auraient obtenu les accès nécessaires à l’exfiltration frauduleuse des données.
« AC !! demande que toute la lumière soit faite sur l’origine des intrusions, leurs éventuelles complicités et la destination des données dérobées », déclare Marcel Claude, président de l’association, à l’AFP.
Pour le moment, les investigations ne laissent pas penser qu’un agent de l’administration se soit rendu complice des hackers. L’enquête pointe uniquement vers le compte d’un employé qui a été compromis, en amont de la cyberattaque. L’administration fiscale évoque en fait « des usurpations d’identifiants d’un agent de la DGFIP et d’un tiers habilité ». Rien n’indique que les identifiants ont été fournis par des agents corrompus, en collusion avec le gang ZeroBytes, qui a revendiqué l’opération.
Le point sur les budgets et la facturation électronique
Ce n’est pas tout. La plainte veut aussi investiguer sur la manière dont ont été dépensés les budgets consacrés à « la maintenance, la modernisation et la sécurisation du système d’information de la DGFiP » ces dernières années. La démarche prévoit aussi d’examiner les conditions dans lesquelles une partie de ces missions a été sous-traitée à des prestataires privés.
Surtout, l’association estime qu’il faut absolument reporter la généralisation de la facturation électronique, prévue ce 1ᵉʳ septembre 2026. Concrètement, toutes les entreprises, y compris les micro-entrepreneurs et auto-entrepreneurs, devront être capables de recevoir des factures numériques envoyées par leurs fournisseurs et leurs clients.
Tant que « des garanties concrètes de cybersécurité n’auront pas été apportées », l’administration fiscale doit absolument revoir le calendrier de déploiement de la réforme, estime l’association. Aux dernières nouvelles, le décalage de la mesure n’est pas au programme. Bercy précise que la réforme entrera bien en vigueur à la date prévue, et indique avoir « réuni les plateformes agréées » afin de leur « rappeler les exigences en matière de cybersécurité ».
David Amiel, le ministre en charge de la réforme, assure que les exigences de sécurité de la France « sont les plus élevées d’Europe » et qu’elles devront « être scrupuleusement appliquées » par tous les acteurs impliqués dans le processus de facturation, et ce ,« en continu ». Les annonces n’ont pas vraiment suffi à rassurer les experts en sécurité, qui redoutent toujours que la réforme ne s’accompagne d’une explosion des risques de violations de données…
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

