Les cybercriminels de ZeroBytes reviennent à la charge. Après avoir piraté le site des impôts, les hackers français prétendent avoir fait main basse sur les données de l’Éducation nationale. Dans la soirée du lundi 17 août 2026, le groupuscule a publié un message d’annonce sur un forum criminel. Dans ce message, le gang assure avoir volé « 43 Go de données, soit près de 346 millions de lignes couvrant plus de 20 ans », relate le compte X spécialisé seblatombe, qui est le premier à tirer la sonnette d’alarme.
🚨 ALERTE – PIRATAGE MASSIF DE L’ÉDUCATION NATIONALE
Des millions d’élèves, enseignants et personnels seraient concernés. Après la DGFiP, le même hacker revendique 43 Go de données, soit près de 346 millions de lignes couvrant plus de 20 ans.
Noms, prénoms, dates de naissance,… pic.twitter.com/ZOkxAzRRel
— Seb (@seblatombe) August 17, 2026
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Une montagne de données brutes
Selon les informations partagées par le hacker, deux décennies de données ont donc été siphonnées. Les informations comprennent à la fois des données sur des éléves et sur des enseignants. Parmi les données, on trouve des noms, des prénoms, des dates de naissance, des adresses, des numéros de téléphone, des adresses mails, des données scolaires, des affectations, et diverses informations administratives.
@education_gouv Salut 👋 Je viens d’absorber 346 millions de lignes de chez vous (brutes) il y a de ça quelques semaines. Vous m’aviez détecté, mais vous ne m’avez pas coupé. Je suis donc resté infiltré sous vos yeux. Un avis à dire là-dessus ?
— ZeroBytes (@ZeroBytesG) August 17, 2026
Comme l’explique le groupe criminel, le répertoire est truffé de doublons. Après avoir nettoyé les informations brutes, le gang indique avoir pu isoler les données de « 1,22 million d’élèves distincts, 4,35 millions d’identifiants de personnels et 602 000 comptes académiques », relate le site spécialisé FrenchBreaches. Ce chiffre de 4,35 millions ne reflète évidemment pas le nombre actuel d’enseignants en activité en France. Le gang précise bien que le répertoire agrège plusieurs décennies d’archives administratives, y compris des données d’anciens agents aujourd’hui à la retraite.
Les pirates assurent avoir mis la main sur des bases de données de l’académie de Créteil depuis 2005, dont l’identité, la date naissance, des adresses, des familles, et toute la scolarité des élèves. Des données de l’ancien système SCONET (Scolarité sur le Net) 2025-2026 des collégiens et lycéens (coordonnées, notes, absences, disciplinaire, orientation, décrochage), ainsi que des fichiers dédiés aux élèves en difficulté (convocations, entretiens, suivi) figurent aussi parmi les informations revendiquées.
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« Je suis donc resté infiltré sous vos yeux »
L’exfiltration des données découlerait d’un incident survenu le mois dernier au sein de l’Éducation nationale. En juillet, un pirate a usurpé le compte d’un professionnel. Une fois à l’intérieur du système informatique, il a réussi à récupérer les données personnelles de nombreux agents, parmi lesquelles figurent l’identité, les fonctions, l’adresse, le numéro de téléphone ainsi que le numéro de sécurité sociale des victimes. Le duo de pirates derrière ZeroBytes prétend être caché dans les systèmes de l’Éducation nationale depuis cet incident. Sans se faire repérer, il aurait pu exfiltrer des données à sa guise pendant plusieurs semaines.
« Vous m’aviez détecté, mais vous ne m’avez pas coupé. Je suis donc resté infiltré sous vos yeux », se vante ZeroBytes dans un message publié sur X.
Les criminels prétendent avoir utilisé le même opératoire que lors de l’attaque à l’encontre du site des impôts. Le duo indique avoir subtilisé les accès à un service de VPN, ce qui lui a ouvert les portes des systèmes informatiques du ministère. Pour le moment, les données n’ont pas encore été authentifiées par des chercheurs en sécurité. Par ailleurs, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas réagi publiquement pour confirmer la cyberattaque. À ce stade, il est toujours possible que les pirates cherchent à profiter du scandale autour du piratage du fisc pour continuer à se mettre en avant.
Des pirates qui multiplient les revendications
Depuis quelques jours, les cybercriminels multiplient les revendications, vraisemblablement afin de surfer sur le tollé provoqué par le piratage de la DGFiP. Les pirates prétendent aussi avoir volé les données contenues sur le Serveur Professionnel de Données Cadastrales (SPDC) de la DGFiP après avoir contourné l’authentification multifactorielle. L’un des pirates de ZeroBytes raconte lui-même avoir volontairement interrompu son extraction parce que le téléchargement lui semblait « trop lent », après avoir récupéré une partie seulement de ce qu’il visait. Bercy confirme bien que « des données cadastrales relatives aux adresses et aux surfaces de biens immobiliers ont également été consultées » lors du hack des impôts, mais précise que le nombre de victimes est bien inférieur à ce qu’avancent les pirates. La DGFiP parle de « 200 000 comptes présents dans ses fichiers cadastraux
», contre 20 millions si l’on en croit les pirates.
Interrogé par l’AFP, le duo criminel ne se cache pas d’avoir déjà vendu les données fiscales des Français à « deux personnes » pour une somme comportant plusieurs « milliers d’euros ». Pour rappel, le gang prétend aussi être à l’origine du piratage d’Intermarché, survenu au cours de l’été, et du hack de la Fédération française de handball. Suite à l’attaque contre le site des impôts, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement ». Les enquêteurs font actuellement tout leur possible pour remonter jusqu’aux pirates et découvrir leur identité.
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