Dans la nuit du 10 au 11 octobre, peu avant minuit, un robot humanoïde Unitree rouge et or d’1,20 mètre s’est approché par-derrière d’une adolescente de 16 ans devant un fast-food du Hohenzollernring, au centre de Cologne. L’engin l’a touchée aux fesses et a exécuté des gestes à caractère sexuel, avant que la police n’interpelle à proximité son propriétaire présumé, 16 ans, venu de Wegberg, et son compagnon de 19 ans. La machine, retrouvée dans le coffre d’une Volkswagen, a été saisie avec deux téléphones, dans le cadre d’une enquête pour injure à caractère sexuel que la police de Cologne décrit comme une première.
À Cologne, la police a saisi un robot humanoïde de 1,20 m après une plainte pour agression sexuelle présumée sur une adolescente de 16 ans. https://t.co/RJrQgaGyz2
— 75 Secondes 🗞️ (@75secondes) October 13, 2026
Des images de tous les côtés
Les deux suspects auraient filmé la scène, l’auraient diffusée en direct sur les réseaux sociaux et commentée au fil des gestes de la machine. Interpellés peu après à un angle de rue voisin, ils ont vu leurs téléphones partir sous scellés, et l’exploitation des appareils doit confirmer ce déroulé. Les enquêteurs disposent surtout d’autres angles de vue : le carrefour où tout s’est joué figure parmi les zones de Cologne placées sous vidéosurveillance policière, et des extraits de la scène circulent toujours en ligne, sur TikTok notamment. Deux amies de la victime, âgées de 17 et 18 ans, ont par ailleurs assisté à l’intégralité de la séquence.
Un porte-parole, Christoph Bermel, a confirmé que ses services n’avaient jamais traité une affaire de ce type. La même police a publiquement dénoncé les moqueries qui accompagnent la circulation des images, en rappelant qu’une adolescente bien réelle se trouve au centre de ces vidéos. Sur le cliché diffusé par les enquêteurs, l’engin saisi apparaît d’ailleurs étendu au sol, débardeur blanc sur le torse et chaîne dorée au cou, accoutré comme un personnage plus que comme un appareil.
Autonome ou téléguidé, le cœur du dossier
L’enquête vise les deux jeunes gens, jamais la machine : le droit ne connaît pas de responsabilité pénale des objets. La police criminelle cherche donc à établir comment l’engin fonctionnait au moment des faits : séquence préprogrammée, pilotage en temps réel ou machine laissée en autonomie. Le fabricant du robot, facturé environ 5 000 euros, met justement en avant sa capacité à agir seul, et cet argument commercial devient une pièce du dossier. Les enquêteurs devront confronter cette promesse marketing aux données extraites de la machine elle-même, sous scellés depuis cette nuit-là. Chaque scénario dessine des suites différentes : un pilotage en direct désignerait un opérateur, une séquence écrite à l’avance poserait la question de la préparation, et une machine réellement autonome ouvrirait un terrain encore vierge pour la justice allemande.
Les robots de rue ont déjà occupé l’actualité cette année : en avril, le vandalisme visant des livreurs autonomes posait la question de la machine prise pour cible, et en juin, une descente de police autour d’un livreur défrayait la chronique. À Cologne, l’engin passe cette fois du statut de cible à celui d’instrument.
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Source : Associated Press

