Les puces maison de Tesla perdent une bonne partie de leur mémoire vive. Dans un message publié le 1er octobre, Elon Musk annonce que l’AI5 passe à 72 Go et l’AI6 à 144 Go, soit moitié et un tiers de moins que prévu. Objectif revendiqué : produire le robot humanoïde Optimus en très grande série.
We cut our RAM in half for the Tesla AI5 chip (now 72GB of LP5) and 1/3 for AI6 (now 144GB of LP6).
This was the only way to get enough volume for Optimus production and greatly reduces cost.
As it turns out, we think this will have a negligible effect on Optimus performance,…
— Elon Musk (@elonmusk) October 1, 2026
Un régime imposé par la cadence
« C’était la seule façon d’obtenir assez de volume pour la production d’Optimus », écrit le patron de Tesla, qui met aussi en avant des coûts « fortement réduits ». L’AI5 embarquera donc 72 Go de mémoire LP5, quand l’AI6 se contentera de 144 Go de LP6, les générations de mémoire basse consommation retenues pour ces deux puces.
Côté performances, le dirigeant balaie les inquiétudes et promet un effet « négligeable » sur le robot. Le goulot d’étranglement de ses puces se situerait dans la bande passante mémoire plutôt que dans la quantité embarquée : les modèles d’IA embarqués passent leur temps à lire la mémoire bien plus qu’à la remplir, et des gigaoctets inutilisés n’accélèrent rien.
Quelque 5 000 composants d’Optimus sont déjà en commande, et l’objectif affiché reste d’un million d’unités par an. À cette cadence, chaque gigaoctet retiré de la fiche technique se multiplie par un million d’exemplaires espérés.
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Plus de 200 Go par robot, prédisait pourtant Micron
Plus de 200 Go de mémoire vive et plusieurs téraoctets de stockage par robot humanoïde : la projection vient du patron de Micron, Sanjay Mehrotra, qui comparait l’appétit d’un humanoïde à celui d’une voiture autonome, l’un des segments les plus gourmands du marché. Tesla prend le contre-pied avec ses 72 Go, et parie que l’optimisation logicielle comblera l’écart.
Les prix de la mémoire flambent par ailleurs depuis des mois : Samsung a enchaîné les hausses sur la RAM, et la pénurie déborde désormais jusque dans l’automobile. Musk ne relie jamais publiquement sa décision à ces prix, son argumentaire tient au volume et au coût de production.
Cet été déjà, le milliardaire qualifiait son robot de cauchemar industriel, au moment d’en justifier les retards. La coupe mémoire prolonge la même logique : simplifier la machine pour tenir la cadence promise, quitte à rogner sur la marge de confort technique.
Le test grandeur nature arrivera avec les premiers Optimus de série. Si 72 Go suffisent, Tesla aura montré qu’un humanoïde fonctionnel n’exige pas la configuration d’une station de travail, et son prix de vente pourrait suivre la même pente descendante. Dans le cas contraire, la mémoire économisée aujourd’hui se paiera en mises à niveau demain, sur des robots déjà livrés par milliers.
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