Quelles sont les spécificités du capital-risque français dans le paysage européen ?Notre spécificité, c’est notre retard. Le capital-risque s’est développé tardivement en France, dans les années 1980, ce qui fait que nous avons peut-être été impactés plus fortement qu’en Angleterre. Ou, du moins, avons-nous mis plus de temps à réagir. Les portefeuilles sont globalement très dévalorisés dans l’Hexagone comme en Europe. Les sorties en Bourse ont été impossibles l’année dernière. Aussi les capital-risqueurs n’ont-ils eu d’autre recours que de vendre à des industriels à des prix moins rémunérateurs.Tout cela n’est pas de bon augure pour 2002 en France ?L’année se présente mal, il est vrai. Les capital-risqueurs vont continuer de faire du ménage dans leur portefeuille. Tant que les perspectives de sorties ne sont pas là, il est probable que le phénomène va perdurer et qu’ils vont effectuer peu de nouveaux investissements. C’est la deuxième grosse crise que traverse le métier. La première s’est terminée en 1989, tirée par la reprise boursière.Autre acteur bien français, EDF a lancé il y a quelques semaines Coventex, un fonds dont le groupe est sponsor. Croyez-vous au “corporate venturing” ?Pas du tout. Je ne crois pas qu’une grande entreprise puisse faire du capital-risque. Les intérêts du grand compte et ceux du jeune porteur de projet ne vont pas dans le même sens. Le premier veut financer la jeune société à des valorisations très basses, tandis que le second veut logiquement obtenir les valorisations les plus fortes.(*) Directeur d’études à l’Atelier BNP Paribas, auteur de l’étude ” Enjeux et perspectives du capital-risque : vers le renouveau ? “, L’Atelier, 104 pages.
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