Fin décembre 2025, Meta annonçait le rachat de Manus, jeune pousse de l’IA agentique, pour un montant rapporté d’environ 2 milliards de dollars. Le régulateur chinois a bloqué l’opération au printemps, avant une rupture officialisée à la mi-juin. Lundi, la même Manus a dévoilé Cue, une application d’agents personnels lancée trois semaines à peine après Muse, le majordome numérique de Meta.
Un e-mail, un numéro et un portefeuille par agent
Chaque agent créé dans Cue reçoit « son propre e-mail, son numéro de téléphone, son portefeuille et son ordinateur ». De quoi envoyer des messages, régler des achats dans la limite d’un budget fixé par l’utilisateur et mener une tâche de bout en bout sur sa propre machine, sans monopoliser celle de son propriétaire. L’agent répondrait aussi au téléphone et passerait commande en scannant un QR code.
L’accès reste gratuit à ce stade, sur invitation, avec un code d’accès anticipé réservé aux 1 000 premiers inscrits. L’application existe sur le web, sur ordinateur et sur mobile, la déclinaison iPhone attendant encore la validation de l’App Store. Aucune grille tarifaire définitive n’a été communiquée.
Sous le capot, Cue repose sur Manus 2.0 et Cascade, une nouvelle architecture maison que l’entreprise crédite de tâches accomplies avec 23,2 % de jetons en moins, 28,2 % plus vite et pour un coût réduit d’un tiers. Ces chiffres émanent du seul intéressé et attendent une vérification indépendante. La mise à jour embarque aussi Studio, un espace de travail partagé entre humains et agents, et un ordinateur dans le nuage où chacun d’eux opère.

Le rachat que Pékin a défait
Le rachat annoncé fin décembre n’a pas tenu six mois : enquête du ministère chinois du Commerce dès janvier, blocage de la transaction le 27 avril, rupture officialisée par Meta le 15 juin. Les parts du groupe américain auraient été rachetées à leur prix d’origine par Tencent et d’autres investisseurs de la jeune pousse.
Redevenue indépendante le 11 août, Manus a relancé ses activités le 1er septembre, une semaine avant que Meta ne présente Muse. Ce dernier lit et envoie des e-mails, s’intègre à WhatsApp et reste pour l’instant réservé aux États-Unis. Meta le décrit comme gratuit pour l’essentiel des usages, avec des abonnements pour aller plus loin, et le fait tourner sur Muse Spark, son modèle maison présenté au printemps. La riposte arrive donc avant même que la cible ne soit disponible ailleurs, et elle vise le même terrain, celui de l’assistant qui agit à votre place.
La disponibilité de Cue en Europe n’a pas été précisée, et Muse ne franchit pas encore l’Atlantique : pour les utilisateurs français, ce duel d’agents qui téléphonent et paient se regarde depuis les tribunes. L’agent doté d’un portefeuille finira pourtant par arriver jusqu’ici, avec une question que ni Manus ni Meta ne tranchent aujourd’hui, celle du responsable quand la machine paie de travers.
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Source : Manus

