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Dans une tribune, Mark Zuckerberg tente si fort de se racheter, qu’il en oublie d’être crédible

Le patron de Facebook veut reprendre la main sur les polémiques qui touchent sans relâche son réseau social depuis un an. Dans un texte très pédagogique, il explique son fonctionnement, mais met de côté trop de points sensibles.

Après les turbulences, Mark Zuckerberg veut se refaire une réputation. Le fondateur et PDG de Facebook s’offre ainsi une tribune publiée dans le Wall Street Journal et plusieurs titres européens, dont Le Monde en France. Il y défend le modèle gratuit du réseau social et explique que la publicité ciblée est la condition sine qua non à cette possibilité.

Mark Zuckerberg décrit le fonctionnement idéal de sa société : une plate-forme qui permet à des marques d’afficher leurs publicités aux clients dont les profils correspondent le mieux. Tout simplement. Mieux, Facebook permet même aux petites entreprises de développer leurs affaires grâce à des possibilités de communication auparavant réservées uniquement aux grands groupes. Et tous ces arguments sont vrais.

Quelques détails mis de côté

Mais le patron de Facebook oublie pourtant tous les dysfonctionnements profonds qu’a connu le réseau social depuis un an. L’affaire Cambridge Analytica contredit par exemple totalement l’un des principes mis en avant par Mark Zuckerberg dans sa tribune. Selon lui, les marques n’ont pas accès aux données des utilisateurs, puisque Facebook est justement là pour faire l’interface entre annonceurs et utilisateurs.

Sauf que Cambridge Analytica a justement pu accéder aux données des 32 000 utilisateurs ayant répondu à son quiz prétexte. Et par capillarité à certaines informations de plus de 50 millions de comptes, créant ainsi l’une des brèches de sécurité les plus importantes de l’histoire de l’informatique.

Les profils fantômes oubliés

Mark Zuckerberg ne dit pas non plus comment Facebook récupère les données d’utilisateurs non inscrits pour créer des profils fantômes à partir de leurs comportements. Leur géolocalisation, les numéros de téléphone enregistrés dans leur carnet d’adresses peuvent ainsi être rassemblés, en recoupant notamment leurs interactions avec des amis quant à eux bel et bien inscrits sur Facebook.

Le grand patron ne précise pas plus comment Facebook a laissé durant des années des enfants dépenser l’argent de leurs parents sur des jeux en ligne tels qu’Angry Birds, PetVille ou Ninja Saga. Certains ont ainsi pu dépenser jusqu’à 6 500 dollars sans avoir à obtenir l’autorisation de leurs parents et sans remboursement possible.

Il est logique que Mark Zuckerberg insiste sur les effets vertueux de Facebook, ils existent et c’est son rôle. Difficile en revanche d’esquiver tous les problèmes créés ou subis par le réseau social depuis un an. Eux aussi existent et sont certainement plus vicieux. Les oublier rend son plaidoyer peu crédible.

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Jean-Sébastien Zanchi