Chez Apple, les acquisitions les plus parlantes sont rarement celles qui s’accompagnent d’un communiqué triomphant. La dernière en date a été repérée dans les registres de la Commission européenne : la firme s’est offert Sonera, une jeune entreprise californienne dont les capteurs mesurent l’activité du cerveau et du corps sans le moindre contact. Montant de l’opération : inconnu, fidèle à la tradition maison.
Un rachat bouclé en mai, révélé par les registres de Bruxelles
L’opération remonte à mai 2026, selon AppleInsider, et n’a filtré que par la base des acquisitions tenue par la Commission européenne, où les contrôleurs d’accès désignés par le DMA doivent déclarer leurs emplettes. Le site de Sonera a été mis hors ligne dans la foulée, conformément au rituel de Cupertino : racheter, débrancher, se taire. Une transparence bien involontaire, offerte par le droit européen.
Fondée en 2018 par Nishita Deka et Dominic Labanowski, deux anciens étudiants de Berkeley, Sonera est sortie de l’ombre en 2023 avec 11 millions de dollars en poche et une promesse ambitieuse : rendre l’activité cérébrale « aussi simple à mesurer qu’un rythme cardiaque ». Sa puce S1 capte les champs magnétiques émis par le cerveau et les muscles, sans électrodes ni contact avec la peau, quand la magnétoencéphalographie classique exige des salles blindées et des machines imposantes. Les applications mises en avant allaient du contrôle de prothèses au suivi de maladies neuromusculaires, en passant par la performance sportive.
Le procédé n’est pas sans rappeler Beddit, ce fabricant finlandais de capteurs de sommeil avalé en 2017 sans un mot, dont les produits ont longtemps survécu au catalogue avant de disparaître des radars. Même discrétion, même logique de brique technologique rangée dans un tiroir en attendant son heure.
Apple Watch, AirPods ou produit inédit : où cette puce peut-elle atterrir ?
La piste la plus évidente mène au poignet : l’Apple Watch empile déjà l’électrocardiogramme, l’oxygène sanguin et la détection d’apnée du sommeil, et des capteurs magnétiques capables de lire les signaux musculaires pourraient affiner le suivi de certaines pathologies neuromusculaires, voire fiabiliser les commandes par gestes chères aux fonctions d’accessibilité. Meta creuse d’ailleurs le même sillon avec son bracelet à électromyographie, signe que le poignet est devenu le terrain de jeu favori des interfaces neuronales.
Les AirPods constituent l’autre candidat sérieux, et pas seulement parce qu’ils se logent à quelques centimètres du cerveau. Apple y a déjà glissé un capteur de fréquence cardiaque avec les AirPods Pro 3, preuve que l’oreille est devenue un poste avancé de la santé connectée ; sur le papier, des écouteurs offriraient un point d’écoute rêvé pour des signaux neuronaux, sans casque médical ni bandeau. Quant à un produit entièrement inédit, du genre bracelet dédié au pilotage d’interfaces ou de prothèses, rien ne l’exclut ni ne l’annonce (le cimetière des prototypes de Cupertino est bien gardé).
Entre l’absorption d’une technologie et son arrivée dans un produit grand public, il s’écoule d’ordinaire plusieurs années chez Apple, quand la greffe prend. Aucun calendrier ni aucune confirmation ne circule à ce stade : tout ce qui précède relève de l’hypothèse documentée, pas de la feuille de route.
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Source : Apple Insider

