Une enquête de la société norvégienne Mnemonic s’est penchée sur les applications proposées sur les téléviseurs de Samsung. Les investigations ont révélé que plusieurs des applications du magasin Samsung détournaient la connexion Internet des utilisateurs. Pour mener ses recherches, Mnemonic a été obligé de contourner les protections logicielles très strictes mises en place par Samsung sur ses télévisions connectées. Ils se sont notamment emparés de la puce mémoire du téléviseur pour la lire, et ainsi accéder au logiciel interne caché à l’intérieur de l’appareil.
Cette investigation approfondie a permis d’identifier plusieurs applications qui embarquent le kit de développement (SDK) de Bright Data, une entreprise israélienne spécialisée dans la collecte de données et dans l’exploitation d’un vaste réseau de proxy résidentiel. C’est le cas d’un jeu Pac-Man de l’éditeur Play.Works, qui était régulièrement mis en avant par Samsung sur sa boutique d’apps. Pour rappel, Bright Data a été accusé à plusieurs reprises de vol de données personnelles, y compris par Meta.
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9,5 millions de TV exploitées
Par défaut, le kit de développement de Bright Data reste dormant et inactif. Cependant, il suffit à la société israélienne d’envoyer un signal depuis un serveur distant pour l’activer à tout moment, sans que Samsung n’ait à valider quoi que ce soit. Une fois le signal envoyé, une fenêtre va demander l’accord de l’utilisateur pour activer le kit de développement. Le téléviseur se transforme alors en relais pour le service de proxy résidentiel de Bright Data. Des inconnus transfèrent leur propre trafic Internet par la connexion du propriétaire du téléviseur. La « connexion Internet du téléviseur » est alors détournée. Cette pratique sert bien souvent à masquer des activités illégales et criminelles.
Selon la société Spur Intelligence, dont les chiffres sont cités dans le rapport de Mnemonic, Bright Data exploitait près de 9,5 millions de téléviseurs à travers le monde. En observant le trafic passant par un de ces téléviseurs détournés, les chercheurs ont constaté un grand nombre de connexions vers LinkedIn. Il est possible que les appareils détournés soient utilisés dans le cadre d’une collecte massive de données destinée à l’entraînement de modèles d’intelligence artificielle. Une partie du trafic a été retracée vers des géants comme Amazon, TikTok ou Google.
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La contre-attaque de Samsung
Alerté par les chercheurs norvégiens, Samsung a pris des mesures pour empêcher ces pratiques. Le géant sud-coréen a annoncé un changement de politique le 3 août 2026. Un porte-parole explique que Samsung a « déjà restreint les nouvelles inscriptions d’applications intégrant ce type de fonctionnalités proxy sur notre plateforme Smart TV ». Samsung ajoute avoir mis en œuvre « des politiques strictes interdisant explicitement les SDK de proxy résidentiel » sur Tizen, le système d’exploitation qui équipe ses téléviseurs dans le monde entier. Le groupe s’engage à identifier et à retirer toutes les applications de sa plateforme qui sont en infraction avec ses nouvelles règles.
« Rédiger une politique est la partie facile ; la faire respecter face à du code chargé dynamiquement à l’exécution est une toute autre affaire », soulignent les chercheurs de Mnemonic.
Notez que Samsung n’est pas le seul géant des téléviseurs à s’être retrouvé dans le viseur d’un service de proxy. Quelques semaines plus tôt, une étude de Spur Intelligence a révélé qu’environ 42% des applications disponibles sur les télévisions LG embarquent des fonctions cachées de proxy. Le mécanisme est le même que celui découvert plus tard chez Samsung. En miroir de Samsung, LG a réagi en supprimant les applications contenant des logiciels de proxy.
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Source : mnemonic

