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Apple frappe un nouveau coup contre les Mac avec puce Intel

Apple a mis six ans à débrancher les Mac Intel, contre trois ans et demi pour le PowerPC. Le rattrapage tient en trois coups : macOS 27 sans Intel, un App Store libéré de la compatibilité obligatoire, Rosetta en sursis.

En juin 2020, Tim Cook promettait de basculer toute la gamme Mac sur les puces maison d’Apple en deux ans environ, et les premiers MacBook à puce M1 arrivaient dès novembre. Pour que les logiciels suivent, la boutique d’Apple a misé sur des applications dites universelles : un même fichier contenant deux versions du programme, l’une pour les processeurs Intel, l’autre pour Apple Silicon. Pensez à un livre imprimé en deux langues en vis-à-vis (et deux fois plus épais, forcément). Jusqu’ici, une application universelle distribuée sur le Mac App Store devait conserver sa moitié Intel. Cette obligation vient de tomber.

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Le 1er septembre, Apple a écrit aux développeurs pour leur signaler que les applications universelles du Mac App Store exigeant macOS 13 ou plus récent peuvent désormais retirer la prise en charge des Mac Intel. La manipulation tient en un réglage de compilation (« arm64 » seul), suivi d’une nouvelle soumission à la boutique. L’argument avancé relève de l’intendance, un développement simplifié et des téléchargements plus légers pour tout le monde. Les propriétaires d’un Mac Intel, eux, conservent la dernière version compatible de chaque application et verront les mises à jour suivantes leur passer sous le nez dès qu’un développeur fera ce choix.

Qu’est-ce qui change pour votre Mac Intel ?

Rien ne s’éteint du jour au lendemain, et c’est le premier point à retenir : une application installée continue de fonctionner, et la boutique continue de la proposer dans sa dernière version compatible. Le problème se joue dans la durée. Un développeur qui bascule en arm64 seul ne livrera plus ni nouvelles fonctions ni correctifs de sécurité aux machines Intel. Et le seuil retenu, macOS 13 Ventura, englobe la quasi-totalité des Mac Intel encore en service (la plupart des modèles sortis à partir de 2017).

Cette liberté nouvelle s’ajoute à un calendrier déjà connu : macOS 26 Tahoe, sorti l’an dernier, est la dernière version du système à accepter un processeur Intel. Seuls quatre modèles y ont eu droit, le MacBook Pro 16 pouces de 2019, le MacBook Pro 13 pouces de 2020 à quatre ports, l’iMac 27 pouces de 2020 et le Mac Pro de 2019, le tout amputé de certaines fonctionnalités. macOS 27 Golden Gate, attendu ce mois-ci, réclame une puce M1 au minimum, et Apple promet aux machines Intel trois ans de correctifs de sécurité, soit jusqu’à l’automne 2028 environ. Rosetta 2, le traducteur qui permet aux Mac Apple Silicon de faire tourner des logiciels compilés pour Intel, livre sa dernière version complète avec Golden Gate. Il cessera ensuite de fonctionner pour la plupart des programmes, à l’exception de quelques vieux jeux jamais mis à jour.

Apple a pris son temps, près de deux fois plus qu’avec le PowerPC

La transition précédente donne l’échelle : en juin 2005, Steve Jobs annonçait le passage du PowerPC aux processeurs Intel, et les premiers iMac et MacBook Pro Intel arrivaient en janvier 2006. Le Mac Pro bouclait la gamme en août de la même année. Trois ans plus tard, en août 2009, Mac OS X Snow Leopard tournait déjà le dos aux PowerPC. Lion supprimait le premier Rosetta en juillet 2011, cinq ans et demi après le premier Mac Intel. Cette fois, il aura fallu près de six ans entre le premier M1 et un macOS sans Intel. Comptez près de sept pour voir Rosetta 2 s’effacer, si le calendrier de macOS 28 se confirme en 2027. La gamme matérielle, elle, avait mis deux ans et demi à basculer, le Mac Pro passant à la puce M2 Ultra en juin 2023, un an après l’échéance promise par Tim Cook.

Chez Microsoft, la coupure la plus récente a pris une autre forme. Windows 10 a cessé d’être maintenu en octobre 2025, laissant sur le carreau les PC dépourvus de puce TPM 2.0 pour passer à Windows 11. Une année de correctifs de sursis a été proposée à ceux qui l’ont réclamée, puis une autre a été ajoutée en catimini. Apple offre trois ans gratuits, ce qui fait d’elle la plus généreuse des deux dans ce cas précis, mais la disparition progressive des applications reste hors de tout cadre. Côté réglementation, l’Europe impose depuis juin 2025 cinq ans de mises à jour du système aux smartphones et aux tablettes. Les ordinateurs, dont le règlement de 2013 est seulement en cours de révision, attendent toujours leur texte.

Pour les derniers Mac Intel, l’horloge tourne désormais sur deux cadrans : celui d’Apple, qui promet des correctifs jusqu’en 2028, et celui des développeurs, autorisés à couper dès ce matin. Le premier a trois ans devant lui, le second a déjà commencé.

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Par : Opera

Source : Apple via 9to5mac