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Acheter un PC maintenant ou attendre 2027 ? La réponse du patron d’Acer

Jason Chen a un calendrier à vous proposer, et il ne plaira pas à ceux qui espéraient changer de machine à Noël. Le patron d’Acer promet même une baisse des prix, une vraie. Avec un astérisque grand comme un hangar de serveurs.

La flambée de la mémoire vive dicte depuis des mois le prix de tout ce qui embarque une puce, du smartphone à la console en passant par les ordinateurs. Dans un entretien accordé le 19 septembre, Jason Chen, président et directeur général d’Acer, s’est risqué à un exercice que ses homologues évitent soigneusement : donner des dates. Son calendrier a le mérite d’être précis, et le défaut de contredire une partie de ce que l’industrie répète depuis des mois.

Une dernière marche avant le sommet

Le quatrième trimestre 2026 commencera par une hausse, que Chen évalue entre 5 et 20 % selon les configurations. Les machines gavées de mémoire et de stockage SSD trinqueront le plus, ce qui tombe mal pour quiconque lorgnait un PC bien équipé sous le sapin. Les fêtes se feront donc au tarif fort, sans que cela marque la fin de l’ascension : le dirigeant situe le pic des prix de vente moyens vers la mi-2027, avant une possible décrue au second semestre.

Ce décalage tient à la mécanique du secteur. Entre le moment où un composant baisse chez le fournisseur et celui où l’étiquette bouge en rayon, plusieurs mois s’écoulent, le temps d’assembler, d’expédier et d’écouler les stocks achetés au prix fort. Un prix de PC, ça freine comme un paquebot. Chen compte sur les capacités de production de mémoire supplémentaires attendues l’an prochain pour amorcer la manœuvre dès le début de 2027.

Le patron d’Acer s’offre au passage un contre-pied assumé : « il est impossible que la pénurie se prolonge jusqu’en 2030 », balaie-t-il, alors que ce scénario catastrophe circulait encore cet été dans l’industrie. Il assure même que les fournisseurs de composants frappent désormais à sa porte pour vendre, signe que l’offre repasse doucement devant la demande. Le rapport de force a basculé.

La mémoire ne manque plus, vraiment ?

Voilà l’affirmation la plus audacieuse de l’entretien : d’après Chen, la DDR4 et la DDR5 ne manquent plus vraiment, et les processeurs redeviennent disponibles, entrée de gamme mise à part. Les analystes du secteur décrivent pourtant un tout autre paysage. TrendForce estimait fin juillet que l’offre mondiale de DRAM resterait inférieure à la demande jusqu’en 2027 inclus, les nouvelles usines ne produisant en volume qu’à partir de 2028. Le même cabinet anticipe encore 13 à 18 % de hausse sur la mémoire pour serveurs entre le deuxième et le troisième trimestre 2026.

Les deux discours se réconcilient à condition de regarder où la pénurie s’est installée : dans les baies de serveurs, où l’IA et la mémoire HBM engloutissent les capacités des usines, pendant que la demande grand public s’essouffle. Les fabricants de PC récupèrent les miettes du festin, des miettes disponibles, certes, mais facturées au prix fort. Chen décrit donc fidèlement son propre canal d’approvisionnement (et un peu moins la santé globale du marché).

Rappelons aussi que le dirigeant est tout sauf un observateur neutre. Acer négocie ses achats de composants en ce moment même, et déclarer publiquement que rien ne manque reste une façon élégante de peser sur les tarifs de ses fournisseurs.

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Source : Economic Daily News