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Bourges rassure ses habitants au sujet des antennes-relais

La ville de Bourges s'est équipée d'appareils de mesure des ondes électromagnétiques dans le but de sensibiliser et rassurer ses concitoyens. La démonstration à laquelle nous avons assisté nous a révélé quelques surprises.

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C'est un fait : la population française est de plus en plus sensibilisée aux éventuels problèmes que pourrait causer l'exposition aux ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais de téléphonie mobile. En 2011, à la suite du Grenelle de l'environnement, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement a réuni un comité opérationnel pour mener dans certaines villes de France des expérimentations sur la réduction des expositions et sur de nouvelles modalités de concertation. Sur ce deuxième volet, le ministère a décidé de mettre à disposition des municipalités, depuis janvier dernier, trente appareils de mesure des niveaux d'exposition des ondes électromagnétiques.

Une initiative locale

Bien avant cette opération pilotée par le ministère, la ville de Bourges a pris les devants pour informer et rassurer ses administrés sur les degrés d'exposition auxquels était soumise la population locale. La mairie a décidé de mettre en place un Observatoire des ondes. Comme nous l'a rappelé Anne Papegaey, chargée de mission à la direction de l'Ecologie de la ville de Bourges (dans notre vidéo ci-dessous), « le point de départ de cet observatoire [fut] lié à des problèmes avec des riverains qui s'opposaient à l'implantation d'antennes-relais de téléphonie mobile ». Des riverains qui ont décidé de se constituer en associations pour interpeller les pouvoirs publics et, en l'occurrence, la mairie.
Par ailleurs, se posaient des problèmes spécifiques à la ville de Bourges concernant l'implantation des antennes-relais et la présence sur le territoire communal des nombreux bâtiments classés monuments historiques et de marais. Dans un souci de transparence et de crédibilité vis-à-vis de ses administrés, la mairie a donc décidé d'effectuer des mesures « indépendantes » de celles que pouvaient fournir les opérateurs. Décision a été prise en 2010 d'investir dans deux dosimètres (identiques à ceux choisis par le ministère de l'Ecologie) pour effectuer des mesures dans les bâtiments communaux ainsi que chez les particuliers à leur demande. Bien entendu, les mesures prises à titre informatif dans les bâtiments communaux ont été rendues publiques et celles effectuées sur des lieux privés ont été transmises à leurs propriétaires.
Un an et demi et 120 mesures plus tard (dont la moitié effectuées chez des administrés), les responsables de ce projet ont convié la presse à un état des lieux, suivi d'une prise de mesures in situ avec un des fameux dosimètres. Anne Papegaey et Philippe Bensac, maire adjoint de Bourges, sont unanimes : Bourges n'est pas une ville à forte densité de population, ni à forte densité d'antennes-relais. Ce qui ressort de l'ensemble de toutes ces mesures effectuées sur la commune, c'est que, globalement, les taux relevés avec les dosimètres sont inférieurs au taux maximal de 0,6 volt/mètre préconisé par la plupart des associations œuvrant sur ce sujet et également prôné par le Conseil de l'Europe. Et c'est effectivement ce que nous constatons lorsque nous assistons à la démonstration réalisée dans les jardins à l'entour de la cathédrale. Les chiffres relevés tournent effectivement autour de 0,6 volt/mètre.

D'autres mesures qui interpellent

L'appareil fourni à la ville de Bourges, l'EME Spy de la société Microwave Vision Group (dans la vidéo ci-dessous), présente la particularité de mesurer les catégories d'ondes émises par les différents types d'antennes-relais et de téléphones mobiles (GSM et UMTS dans toutes les gammes de fréquences). Il est également capable d'identifier les ondes de la bande FM, les différents types d'ondes Wi-Fi et WiMax ainsi que les ondes émises par certains appareils domestiques comme les fours à micro-ondes ou les téléphones sans fil utilisant la norme DECT.
A notre surprise, ce sont ces derniers qui focalisent toute notre attention lors des tests poursuivis, cette fois-ci, à l’intérieur des locaux. Dans la salle mise à notre disposition, lorsque les représentants de la société Microwave approchent le dosimètre à quelques centimètres de la base DECT du téléphone (le combiné étant distant d’environ deux mètres, posé sur une table), les mesures indiquées sont de l’ordre de 5 volts/mètre, soit presque dix fois la valeur maximale prônée par le Conseil de l’Europe. Un phénomène constaté à maintes reprises par Anne Papegaey lors des relevés qu’elle a pu effectuer chez les particuliers : « On se rend compte qu’il y a toute sorte d’appareils dans la maison qui émettent des ondes : les téléphones sans fil, la borne Wi-Fi, le four à micro-ondes... Et tout cela émet des ondes à des niveaux souvent plus élevés que les antennes de téléphonie mobile. Mais cela, les gens n’en sont pas conscients. »
Pour notre part, nous savions que la base des téléphones DECT émettait de manière continue des micro-ondes afin de rester en liaison avec le combiné, mais nous étions loin de nous douter que la base émettait si fortement même lorsque le combiné ne se trouve qu’à un ou deux mètres. A la rédaction, dans les murs de 01Lab et même chez certains d'entre nous, les « joujoux » high-tech connectés ne manquent pas : PC, box, consoles, TV, routeurs, imprimantes Wi-Fi, téléphones en tout genres... Nous nous sommes donc promis d’aller fouiller un peu du côté des taux d’exposition que nous cachent ces objets au demeurant si attrayants... Des mesures que nous ne manquerons pas de vous communiquer une fois réalisées.

                    

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