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Pam pam, pam pam… Au rythme de la valse Le Beau Danube bleu, Nat, Scooter et I.Q., trois jeunes mouches embarquées à bord du premier vol habité vers la Lune, découvrent les joies de l'apesanteur. Elles virevoltent, tournent et font la culbute là, tout près, à seulement 30 centimètres du nez du téléspectateur ! C'est ça, la magie du cinéma en relief.
Après quelques échappées hors des salles spécialisées Imax, le cinéma en trois dimensions (3D) semble aujourd'hui bien parti pour s'inviter dans votre salle de quartier. Et Fly Me to the Moon, le film d'animation de Ben Stassen, sorti en salles le 29 octobre 2008, marque peut-être le début d'une nouvelle ère dans l'histoire du spectacle cinématographique. Ecrite puis réalisée pour la 3D, l'aventure des trois compères ailés est aussi le premier film à être diffusé exclusivement en 3D dans des salles classiques équipées (depuis peu) pour la diffusion en relief.
Signe des temps ? Sans doute, si l'on se réfère au baromètre hollywoodien. Près de trente films en relief y sont actuellement en production, avec une sortie par mois prévue en 2009. « Il ne s'agit plus d'un simple gadget, mais bel et bien d'un mouvement industriel important, considère Nathanaël Karmitz, le directeur du réseau de salles de cinéma MK2. Cette révolution, équivalente à l'invention du cinéma parlant, pourrait redonner un véritable avantage concurrentiel au cinéma face à la télévision. »
Résultat : Nathanaël Karmitz a choisi d'équiper trois nouvelles salles MK2 pour la projection en 3D de Fly Me to The Moon et poursuivra les efforts au sein de son réseau en 2009. Une révolution technologique qui générera peut-être une révolution esthétique, comme l'explique Ben Stassen : « En 3D, on essaie de placer le spectateur au sein de l'action, ce qui est nettement plus facile lorsqu'on tourne en plans-séquences. En un sens, la mise en scène 3D est plus proche de la mise en scène de théâtre que de celle du cinéma ! De plus, comme les films 3D exigent un équipement particulier pour leur visionnage, ils ne sont pas, pour l'instant, sujets au piratage sur Internet. Suffisant pour expliquer le brusque engouement d'Hollywood pour le cinéma en relief ?
Pour reconstituer la sensation de distance et de profondeur, donc de relief, le cerveau superpose l'image vue par l'œil gauche et celle vue par l'œil droit, légèrement décalées, puisque les yeux sont écartés d'environ 6,5 cm. C'est ce qu'on appelle la vision stéréoscopique.
En cinéma, pour capter l'image qui sera vue par l'œil gauche et l'image vue par l'œil droit, on utilise deux caméras, ou une caméra spécifique munie de deux objectifs. Une technique facilement applicable quand il s'agit de films d'animation créés par ordinateur, mais qui devient complexe avec des prises de vues réelles. Il faut en effet positionner et synchroniser parfaitement les deux caméras, et effectuer en temps réel des réglages rigoureusement identiques sur chacune d'elles. Ce qui allonge d'autant le temps de tournage et entraîne un surcoût de production de l'ordre de 30 %.
Les lunettes bicolores
Créées par la société allemande Infitec, en partenariat avec Dolby, les lunettes bicolores décomposent l'image en ses trois composantes primaires (rouge, vert et bleu). L'image montrée à l'œil gauche est de composante rouge et celle envoyée à l'œil droit est une superposition des composantes verte et bleue (cyan). Les lunettes laissant alors seulement passer la composante cyan pour l'œil gauche, et rouge pour l'œil droit, on obtient une sensation de relief. La version moderne de ce procédé requiert l'utilisation de lunettes coûteuses, car chaque verre doit supporter près de 50 couches de traitement.
Les lunettes polarisées
Dominante aux Etats-Unis, la technologie Real D est fondée sur le principe de la polarisation circulaire de la lumière. Il s'agit d'orienter différemment les ondes lumineuses des images selon qu'elles sont destinées à l'œil droit ou à l'œil gauche, par exemple horizontalement pour le gauche et verticalement pour le droit. Le spectateur porte alors des lunettes munies de deux filtres, un pour chaque œil, qui « trient » les ondes lumineuses. L'inconvénient ? L'obligation pour les propriétaires de salles d'installer des écrans métallisés, ce qui représente un coût important.
Les lunettes à cristaux liquides
Le système Nuvision, choisi en France par le réseau MK2, fonctionne grâce à des lunettes comportant huit couches superposées de cristaux liquides. Un double projecteur projette en alternance les images droites et gauches du film. Couplé à l'appareil, un émetteur commande aux lunettes de s'ouvrir et de se fermer 144 fois par seconde, et ce, en alternant l'œil droit et l'œil gauche au même rythme que les images projetées. Cette méthode peut être installée à moindre coût dans les salles. Si l'équipement d'une salle en numérique coûte entre 60 000 et 120 000 euros selon la taille de l'écran, l'installation d'un kit de synchronisation 3D ne coûte plus ensuite « que » 10 000 euros.
















