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1. Les imprimantes et le tarif exorbitant de l'encre

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Pour alimenter en encre son imprimante, mieux vaut avoir le cœur bien accroché. A 50 euros les deux cartouches, vous y réfléchirez à deux fois avant de réaliser un tirage photo.

Acheter une imprimante n'est pas une opération très coûteuse. Une multifonction d'entrée de gamme se négocie à 50 euros, cartouches d'encre comprises. C'est peu compte tenu des technologies embarquées. Mais si les fabricants peuvent pratiquer de tels tarifs, c'est qu'à l'usage une imprimante coûte beaucoup plus cher. A environ 20 euros la cartouche de 10 ml (soit 2 000 euros le litre), il suffit de deux renouvellements pour doubler à l'usage le prix d'achat du matériel ! Une rentabilité dont on peut difficilement trouver l'équivalent. Le système précurseur en la matière, les rasoirs et leurs lames de rechange à prix exorbitant, fait à peine mieux…

Pourquoi de tels tarifs ? Face à cette question, l'argumentaire des fabricants est bien rodé : si l'encre est coûteuse, c'est que les technologies nécessitent un coût en recherche et développement très important. Notamment la chimie pour garantir une longévité aux tirages et les têtes d'impression, charnière du système. Il est vrai qu'arriver à des tirages photo réalistes avec de simples gouttelettes relève de l'horlogerie de précision. Hélas, les recherches ne concernent pas que l'amélioration de la qualité ! Pour contrer la concurrence des cartouches génériques, le cap est mis constamment dans de nouveaux systèmes de protection. Puces électroniques, têtes d'impression intégrées aux cartouches, l'ingéniosité déployée est à la hauteur des moyens (financiers ?) mis en œuvre.

Et que dire des puces de gestion de l'encre qui limitent intentionnellement le nombre de tirages papier, même si de l'encre reste dans la cartouche. Argument avancé : le gage de qualité. Difficile en effet de rater dans ces conditions une impression par manque d'encre… Mais pour le consommateur, ce sont quelques euros de perdus sur les jet d'encre et beaucoup plus sur les laser. Sur le Web, des témoignages font état de véritables abus. Pouvoir imprimer sur une laser 1 800 pages supplémentaires à partir de l'alerte de manque d'encre montre l'étendue de l'arnaque.

La parade : optez pour le générique

Les cartouches génériques vous feront gagner entre 30 et 50 % sur le prix d'achat. Mais attention toutes les marques ne sont pas fréquentables. Une encre mal préparée a peu de chance de casser l'imprimante, mais elle peut encrasser les têtes ou produire des tirages photo de mauvaise qualité. Pour plus de sécurité, mieux vaut se fier à de grands noms tels Armor ou Pelikan. Le prix reste intéressant et la qualité est au rendez-vous.

Autre solution, le remplissage manuel des cartouches. Là, moyennant quelques manipulations (le remplissage se fait à la seringue), les économies dépassent les 50 %. Attention, toutes les imprimantes ne sont pas compatibles. Selon Richard Bocquet, gérant de la société spécialisée dans les encres génériques A4etplus, les imprimantes Canon vendues jusqu'à aujourd'hui (les nouveaux modèles sortis au mois de septembre n'ayant pas pu être encore testés) sont les plus conciliantes avec la recharge.

Chez d'autres, tel Epson, la manipulation est trop complexe et seule l'utilisation de cartouche générique est possible.

Ce qu'elle en pense : Delphine Leroy : responsable marketing de Pelikan

L'Ordinateur individuel : comment définir le marché des consommables, et notamment celui des cartouches génériques ?
Delphine Leroy : aujourd'hui, il y a deux types de cartouches pour imprimante, les originales conçues par les constructeurs et les génériques, ou compatibles, fabriquées par des sociétés indépendantes telles que la nôtre. Chez Pelikan, nous sommes spécialisés dans les encres et nous fêtons cette année nos 170 ans, autant dire que nous connaissons bien ce secteur. Aujourd'hui, l'imprimante est devenue un produit d'appel, pour ne pas dire un consommable. Une jet d'encre grand public coûte entre 50 et 100 euros, c'est très peu compte tenu des recherches nécessaires et du coût de fabrication.
Toute la rentabilité repose donc sur la vente des cartouches. Avec 80 % de part de marché, les encres originales représentent une énorme rente pour les fabricants. Une manne financière qui, selon nous, n'est pas totalement justifiée, puisque pour des produits aussi performants, nous sommes au minimum 30 % moins cher.

20 % du marché, c'est peu. Comment expliquez-vous cela ?
Les constructeurs font naturellement tout pour décourager l'achat de nos cartouches. Leur principale menace consiste à faire sauter la garantie en cas de panne imputée à une cartouche non originale. C'est tout d'abord illégal, mais ça ne se sait pas toujours. Il est ensuite très rare de détériorer une imprimante avec une telle cartouche. C'est pourquoi nous assurons une garantie de trois ans avec toutes nos cartouches compatibles. Non seulement sur la cartouche, mais aussi sur l'imprimante. S'il s'avère qu'une de nos cartouches a détérioré l'imprimante d'un client, nous nous engageons à lui rembourser.

Des différences de teintes peuvent-elles apparaître ?
L'exercice est difficile. Du fait des brevets sur les formules, nous devons arriver aux mêmes teintes et à la même fluidité sans utiliser les mêmes composants. Mais pour rassurer les clients, nous nous basons sur la norme 3371. Celle-ci assure une encre à 80 % comparable à l'originale. Cette norme est spécifiée sur nos emballages.

Plusieurs procès ont eu lieu au sujet de la violation des brevets…
Oui, surtout à cause des systèmes mis en place sur les cartouches. Pour refaire une cartouche compatible, nous devons créer des puces qui fonctionnent avec l'imprimante. Mais pour nous prémunir contre une attaque judiciaire, elles ne doivent pas avoir le même design. La course est perpétuelle ! De notre côté, nous avons développé le PowerPad. Un système de recharge de cartouches par capillarité. Cela contourne beaucoup de verrous techniques.

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