











Grande année pour la Société Générale. Jamais à court d'innovations, la banque a décidé de s'associer à Universal Music France pour proposer So Music, la première carte bancaire “ co-brandée ” à destination d'un public jeune et mélomane. Elle sera disponible à partir du 26 mai prochain. Elle se présente à la fois comme une carte de services bancaires et de téléchargement illimité de musique en ligne. Son prix oscillera selon l'âge du client (1).
Pour 2,50 ou 4,99 euros par mois, les clients So Music pourront accéder soit à un genre musical (français, pop-rock, jazz, world, classique…) soit à l'ensemble du catalogue d'Universal (400 000 titres). Une somme qui s'ajoute au prix de base de la carte bancaire et aux frais de cotisation à l'offre So Music.
Mais de quel type de téléchargement illimité s'agit-il vraiment ? En fait, ici pas de miracle. On peut certes “ télécharger de manière illimitée, c'est-à-dire autant de titres que l'on veut ”, mais l'écoute des titres téléchargés avec DRM (2) est, elle, limitée dans le temps. En clair, les fichiers récupérés sont écoutables tant que le client paye son écot à Universal Music. Soit, sur un an, entre 30 et 60 euros. Le téléchargement illimité s'avère donc plutôt un service de location de musique en ligne. L'abonnement sert à réactiver les droits d'accès des fichiers téléchargés.
Cette offre apparaît comme une duplication d'un partenariat conclu il y a quelque mois déjà entre Universal Music et le fournisseur d'accès à Internet Neuf Cegetel. Du téléchargement à l'acte est également disponible, avec pour tout titre acheté, 50 % de réduction offert par la Société Générale.
A noter qu'en plus du téléchargement, le client de la carte pourra aussi accéder à toute une série de services réservés. Des offres de stage et d'emploi, de la webTV et de la webradio, de la visioconférence. Mais aussi des réductions sur une sélection de CD et d'objets collectors de la major et de ses artistes. Il aura aussi la possibilité d'assister à des concerts privés, de gagner des places de concerts d'artistes Universal Music à l'Olympia. Ou encore de participer à des jeux concours pour gagner un disque de diamant dédicacé ou une rencontre avec une star.
Avec cette carte à la fois bancaire et de téléchargement, on comprend l'inventivité dont cherche à faire preuve Universal Music, au moment où l'industrie du disque doit affronter une véritable quadrature du cercle entre la baisse de son chiffre d'affaires et le fléau du piratage. On comprend également que l'on ne puisse pas brader la création musicale. Mais les clients d'Universal Music et de la Société Générale apprécieront aussi très certainement que l'on ne cherche pas à leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Et qu'au-delà du nécessaire habillage marketing d'une offre, on ne cherche pas trop à les manipuler.
Au final, So Music n'est ni plus ni moins spectaculaire que d'autres offres déjà présentes sur le marché. Mais, sans préjuger de rien, on ne voit pas vraiment comment, au-delà d'une simple augmentation de la base des clients de la Société Générale, elle pourrait ramener massivement vers la musique payante, toute une génération aujourd'hui perdue dans le piratage de contenus.
(1) “ Pour les moins de 25 ans, il faudra compter dans les 30 euros, entre 25 et 30 ans, 50 euros, et au-delà de 30 ans, 59 euros. Tout cela variant selon les caractéristiques de la carte choisie ”, indique la banque.
(2) Les DRM permettent, selon le site de So Music, un transfert sur trois PC par compte utilisateur. Chaque téléchargement peut faire l'objet de sept gravures sur un support physique CD-R et de cinq transferts sur périphériques portables.
Dans un communiqué, l'Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI) qualifie “ d'initiative intéressante ” la démarche d'Universal Music et de la Société Générale car “ tout ce qui vise à dynamiser le marché émergeant (de la musique numérique) est à saluer ”.
Ceci étant posé, l'UPFI “ s'inquiète de la multiplication des offres ayant un caractère exclusif au profit de l'acteur dominant du marché du disque ”, à savoir Universal. “ Ce type d'accord risque de conduire à une fragmentation du marché en entretenant une certaine confusion pour le consommateur et à restreindre l'accès à l'ensemble des catalogues musicaux, poursuit le communiqué. Personne ne pourrait concevoir que les principaux disquaires limitent l'accès à leurs rayons à tel ou tel catalogue musical. ”
















