Passer au contenu

Trafic d’enfants sur Vinted ? La France lance officiellement l’enquête

Des annonces Vinted suspectes, des prix aberrants et des descriptions évoquant des enfants. Depuis quelques semaines, des influenceurs sont persuadés que la plateforme de vente d’occasion cache un sombre trafic. La Haute-commissaire à l’Enfance a saisi les autorités, et le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire.

Depuis quelques années, des rumeurs régulières indiquent que Vinted est gangrenée par du trafic d’enfants. Dissimulées à la vue de tous, des annonces permettraient à des individus malveillants de mettre en vente de jeunes enfants. Ces dernières semaines, la rumeur est repartie de plus belle sur les réseaux sociaux. Une poignée d’influenceurs se sont mis à tirer la sonnette d’alarme en épinglant une série d’annonces Vinted.

Dans des vidéos massivement relayées sur Facebook, Instagram ou TikTok, ces influenceurs, qui se présentent parfois volontiers comme des lanceurs d’alerte, épinglent des annonces d’objets anodins affichés à des prix exorbitants, avec des descriptions mentionnant des tranches d’âge d’enfants. On a consulté plusieurs de ces annonces, et elles peuvent en effet susciter des interrogations.

À lire aussi : une nouvelle arnaque générée par l’IA fait des ravages sur Vinted

Vinted ne trouve aucune preuve de trafic

Face à une polémique qui a pris de l’ampleur, nos confrères de 20Minutes ont mené l’enquête. Ils ont rapidement pu échanger avec un compte Vinted particulièrement suspect, proposant une télécommande de climatisation à 20 000 euros. Après une quinzaine de messages sur Vinted, l’interlocuteur a basculé vers une messagerie chiffrée. Sur celle-ci, il a proposé explicitement d’acheter une fillette rousse de 7 ans pour 12 000 euros, photo à l’appui, avec livraison à domicile. Il évoque également une fillette brune qui est « déjà réservée » et promet « des blondes bientôt ». Par la suite, il s’est avéré que le média est tombé dans le piège d’un adolescent de 17 ans qui voulait piéger les pédophiles.

L’affaire a néanmoins continué à faire des remous. Vinted s’est à nouveau fendu d’un communiqué en assurant qu’aucun « élément permettant de relier les annonces à des activités de trafic d’enfants ». Pour la plateforme lituanienne, « l’âge indiqué dans ces annonces fait référence à la tranche d’âge des jouets et les prix élevés peuvent aussi être des stratégies de vente ». En dépit des propos de Vinted, la polémique a continué d’enfler, à mesure que de nouvelles annonces suspectes étaient mises en ligne.

À lire aussi : Vinted est envahi de pubs cachées pour des comptes OnlyFans et Mym

Une enquête officielle est en cours

Pour en avoir le cœur net,  Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, a saisi Pharos et l’Arcom, deux institutions françaises complémentaires chargées de réguler les plateformes numériques, pour « que toute la lumière soit faite sur les annonces suspectes sur Vinted ». Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire, confiée à l’Office des mineurs (Ofmin). En ce moment, la police judiciaire mène ses propres investigations.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.


Florian Bayard