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Thuraya lance son réseau mobile sur un satellite géostationnaire

Plutôt que de s’appuyer sur des constellations en orbites basses, l’opérateur de téléphonie mobile a choisi un satellite géostationnaire pour arroser l’Eurasie et l’Afrique. Les terminaux prévus sont bimodes GSM, et les tarifs compétitifs.

Le pari de Thuraya ? Faire de la téléphonie mobile avec un seul et unique relais géostationnaire. Alors que l’intérêt des grands opérateurs et des milieux financiers se focalisait sur les constellations de satellites en orbites basses, le projet Thuraya a pris forme sans bruit médiatique, avec le soutien des États pétroliers du Moyen-Orient.Rappelons que l’entreprise est née dans le Golfe, en 1997, sous l’égide de onze opérateurs locaux (dont Etisalat des Émirats arabes unis, et Arabsat, exploitant du réseau satellitaire éponyme), épaulés à leur tour par leur partenaire Hughes Space & Communications (aujourd’hui Boeing Satellite Systems), la société de conseil allemande Detecon et un consortium bancaire dans lequel figure la Société Générale.Le satellite, un engin de plus de trois tonnes en orbite, a été construit par Boeing qui l’a aussi lancé, avec une fusée Zenit, depuis sa plate-forme maritime Sealaunch, le 21 octobre 2000, livrant ainsi le système clés en main à 44?’ est. Après les tests d’usage, le service a été officiellement proposé le 1er mai 2001.

Un investissement de 1,6 milliard de dollars

Thuraya ne manque pas d’atouts. D’abord, l’investissement est modéré, comparé à celui d’Iridium ou de Globalstar, puisque l’opérateur déclare 1,6 milliard de dollars pour deux satellites, dont un de secours, et la station centrale de Sharjae (EAU) construite par Hughes avec des équipements Ericsson et Alcatel. Le segment spatial, d’une durée de vie contractuelle comprise entre douze et quinze ans, ne nécessite pas de renouvellement a contrario des constellations en orbites basses (LEO).Ensuite, la couverture de Thuraya, qui englobe le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Afrique centrale, l’Inde, l’Asie centrale et l’Europe, à l’exception de la Scandinavie et du nord de la CEI, dessert 2,3 milliards d’habitants dans près d’une centaine de pays aux infrastructures télécoms peu développées ou concentrées en zones urbaines.Enfin, le terminal téléphonique, fabriqué par Hughes et Ascom, est compatible GSM 900 et offre des services de télécopie (ITU-T G3 à 2,4 ; 4,8 ; et 9,6 kbit/s), de transmission de données à mêmes débits, une messagerie SMS et la localisation par GPS.Des accords d’itinérance sont signés avec des opérateurs GSM, dont Orange-Itinéris, TDCom étant le fournisseur officiel du service Thuraya pour la France. “Nous commercialisons déjà Iridium, Globalstar et Inmarsat, indique Sabine Rouhier, responsable communication chez TDCom. Ce service vient compléter notre offre avec des objectifs commerciaux visant 1 000 abonnés à la fin 2001, à rapporter aux 3 500 contrats Inmarsat que nous avons accumulés depuis quinze ans.” Thuraya finalise un accord d’itinérance avec le système AceS (Asia cellular satellite), opérationnel depuis l’été 2000, financé par des intérêts philippins et l’américain Lockheed Martin Global Telecommunications.

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Philippe Pélaprat