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Tarantino, J.J. Abrams et Christopher Nolan veulent sauver la pellicule de cinéma

Kodak, unique fabricant de pellicule cinématographique, pourrait signer un gros contrat avec plusieurs studios hollywoodiens.

Support de référence il y a encore 10 ans, la pellicule a été supplantée par le numérique. Pourtant, elle continue de séduire de nombreux réalisateurs. Plusieurs d’entre eux ont convaincu les grands studios de cinéma de sauver l’usine de fabrication de Kodak, dernier acteur du marché. Selon le quotidien américain The Wall Street Journal, une commande étalée sur plusieurs années devrait bientôt être signée entre une coalition de sociétés de production et le fabricant historique.

Un lobbying important

Pour Kodak, c’est le contrat de la dernière chance. Depuis 2006, les ventes de pellicules destinées au cinéma se sont effondrées, accusant une chute abyssale de 96% sur huit ans. Fujifilm, le principal concurrent, est sorti du marché l’an dernier. Mais la demande fond comme neige au soleil et les pertes s’accumulent pour Kodak. L’entreprise américaine fondée en 1881 est en convalescence depuis sa mise en faillite de 2012. La production de pellicules s’apprêtait à s’éteindre en silence quand plusieurs grands réalisateurs sont montés au créneau.

Quentin Tarantino – très critique à l’égard de l’utilisation du numérique au cinéma – Christopher Nolan, et J.J. Abrams ont il y a quelques mois lancé une campagne de lobbying. Leur volonté est de laisser aux réalisateurs la possibilité de choisir le support de tournage.  Au fil des discussions, de nombreux studios – dont Universal, Time Warner, Warner Bros., Paramount, ou encore Walt Disney – sont tombés d’accord pour s’engager à commander des pellicules Kodak durant les prochaines années. Si les détails de la commande n’ont pas été dévoilés, Jeff Clarke (PDG de Kodak) espère renouer avec les bénéfices en 2016.

Une image unique

Au milieu des années 2000, le développement des tournages et de la projection numérique s’est accéléré. En Europe comme aux Etats-Unis, les cinémas ont reçu des aides conséquentes pour se moderniser. Le premier gros budget tourné en digital fut Star Wars, épisode II : L’Attaque des clones (2002). Mais en 2009, le succès planétaire Avatar donna un coup d’accélérateur au déploiement du numérique, indispensable pour profiter du film en 3D.
La plupart des effets spéciaux étant aujourd’hui réalisés par ordinateur, le numérique à l’avantage de ne pas nécessiter de couteuses numérisations des plans tournés. Le stockage des données permet également aux réalisateurs une grande liberté, sans avoir à transporter d’énormes bandes.

Mais si les grands noms du cinéma ne veulent pas abandonner la pellicule, c’est principalement du fait de la qualité d’image qu’elle procure.  Le rendu des couleurs et le grain photographique sont très spécifiques, et beaucoup de cinéastes ne veulent pas les voir disparaître. Il est cependant peu probable de voir l’industrie du cinéma faire machine arrière tant les investissements ont été conséquents. Parcourir le chemin inverse n’aurait aucun sens, techniquement comme économiquement. Parmi les nostalgiques, il est probable que seuls les réalisateurs les plus « bankable » puissent se payer ce luxe. D’ailleurs, J.J. Abrams tourne son prochain film sur pellicule. Ironie du sort, il s’agit du prochain Star Wars.

Source : The Wall Street Journal (en anglais)

À lire aussi : Jean Mizrahi (Ymagis) : « le numérique brise les barrières dans l’industrie du cinéma » (24/07/14)

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Raphaël Grably