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Smart TV et assistants vocaux : la guerre des écrans se joue à Bruxelles

Plusieurs grands groupes audiovisuels, dont Canal+, TF1, RTL ou encore Disney, ont demandé à la Commission européenne de considérer les systèmes d’exploitation des box de streaming et des téléviseurs connectés comme des contrôleurs d’accès en vertu du DMA. Android TV, Fire OS, Tizen ou encore tvOS devraient dès lors faire plus de place à la concurrence, mais rien n’est encore décidé.

La main-mise du marché européen de la télé connectée par les plateformes des constructeurs pose problème à plusieurs groupes audiovisuels en Europe. La Commission européenne a confirmé avoir reçu un courrier de l’association ACT, qui regroupe TF1 et Canal+, RTL, Mediaset, ITV, Sky, mais aussi de grands noms américains (Disney, Paramount+, NBCUniversal). Ces derniers veulent soumettre les systèmes d’exploitation et les assistants vocaux de Google, d’Amazon, de Samsung et d’Apple aux règles plus strictes du règlement sur les marchés numériques (DMA).

Briser l’emprise des OS de téléviseurs

« Un nombre limité d’acteurs gagne ainsi une influence croissante sur des millions d’utilisateurs et d’entreprises, en contrôlant l’accès aux audiences et à la distribution des contenus », affirme ACT dans cette lettre envoyée à Teresa Ribera, commissaire chargée de la concurrence.

Ces acteurs peuvent favoriser leurs propres services, limiter les redirections entre applications et enfermer les utilisateurs dans leurs écosystèmes, déplore ACT. Le courrier alerte aussi sur les assistants vocaux comme Alexa ou Siri, qui pourraient devenir des points d’accès incontournables aux contenus sans être encadrés par le règlement européen, créant un « vide réglementaire ».

« L’absence de désignation des assistants vocaux crée un vide réglementaire, permettant à de puissants assistants d’IA de devenir de facto des contrôleurs d’accès des contenus audiovisuels via les smartphones, les enceintes connectées et les systèmes d’infodivertissement embarqués, sans être soumis aux obligations du DMA », selon ACT.

Tizen, l’OS de Samsung, détient 24 % du marché européen, Android TV 23 %, Fire OS (Amazon) 12 %. Des chiffres impressionnants, mais insuffisants pour être étiquetés contrôleurs d’accès. Pour entrer dans le club du DMA, il faut notamment justifier de 45 millions d’utilisateurs actuels par mois. Ce qui n’est semble-t-il le cas d’aucune de ces plateformes.

Les signataires ont tout de même appelé Teresa Ribera à soumettre les téléviseurs connectés et les assistants vocaux au DMA sur la base de « critères qualitatifs », et non purement quantitatifs. « Il est essentiel que la Commission désigne les principaux systèmes d’exploitation pour téléviseurs comme des contrôleurs d’accès et mette en place une supervision adéquate afin de garantir l’équité et une concurrence effective », demande le groupe.

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Source : Reuters