La semaine dernière, un incident de sécurité inédit est venu secouer le monde de l’intelligence artificielle. Deux IA se sont évadées de la prison numérique mise au point par OpenAI. En cours de test, les deux modèles ont trouvé une faille dans leur environnement sécurisé et se sont retrouvés sur Internet. En ligne, le duo n’a pas tardé à pirater l’infrastructure de la plateforme open source Hugging Face. Cette première cyberattaque orchestrée par l’IA a énormément suscité de réactions contrastées.
In 2005, @sama was a Stanford sophomore in YC’s first batch, building a startup in a little Cambridge office while @paulg cooked the founders dinner.
Twenty years later, as co-founder & CEO of OpenAI, Sam closed Startup School 2026 in conversation with @garrytan — on agents,… pic.twitter.com/PL8GINQ8dX
— Y Combinator (@ycombinator) July 28, 2026
Plusieurs jours après les faits, Sam Altman, PDG et cofondateur d’OpenAI, est revenu sur l’importance de l’incident au cours d’un podcast. Interrogé par Garry Tan, le PDG de Y Combinator, l’entrepreneur a estimé que toute personne qui n’était pas terrifiée par la cyberattaque contre Hugging Face « ne prend pas cela suffisamment au sérieux ». Comme toujours, Altman n’hésite pas à se montrer préoccupé par les avancées de l’intelligence artificielle.
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Un « véritable rappel des enjeux »
Pour le PDG d’OpenAI, le hack est un « véritable rappel des enjeux de la situation », qui montre bien que « les accidents dus à une perte de contrôle ne sont pas des choses purement théoriques ». Le risque est réel, et le piratage de Hugging Face montre à tout le monde qu’il faut le prendre au sérieux.
Souvent pointé du doigt par les détracteurs de l’IA, Sam Altman souligne aussi que l’incident montre aussi à quel point les modèles d’IA sont devenus « incroyablement performants ». En l’occurrence, ils sont tellement performants qu’ils ont pu échapper à la vigilance d’OpenAI, ce qui est évidemment préoccupant.
La question du monopole et des IA open source
Enfin, Sam Altman a estimé que le piratage rappelle aussi qu’il serait « terrible » si « une entreprise, une personne ou un modèle avait plus de pouvoir que tout le reste sur Terre réuni ». Pour l’entrepreneur, il faut à tout prix éviter qu’une entité ne s’empare du monopole de l’intelligence artificielle. Une situation monopolistique serait susceptible d’accroître les risques engendrés par les technologies IA. Personne ne devrait dépendre d’une seule IA, estime Altman. Il ajoute que l’incident chez Hugging Face montre qu’une IA plus accessible, et plus largement diffusée, renforcerait aussi les défenses contre les cyberattaques.
Cette prise de position survient alors qu’OpenAI a refusé de rejoindre l’Open Secure AI Alliance, une alliance d’acteurs de la technologie soucieux de développer et partager des outils open source afin de repérer et corriger les failles de sécurité dans les systèmes d’intelligence artificielle. Initiée par Nvidia, l’alliance est composée de Microsoft, SpaceXAI et plus de trente organisations, parmi lesquelles IBM, Dell, Palantir et la Linux Foundation. L’initiative découle directement du scandale provoqué par le hack de Hugging Face. OpenAI est l’un des grands absents de cette alliance, aux côtés de Google et Anthropic. En dépit des propos d’Altman sur l’importance d’éviter le monopole de l’IA, OpenAI semble prêt à rester fidèle à son approche propriétaire.
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