Passer au contenu

Patrick Leleu (Noos) : ‘ La fusion est l’un des schémas qui nous permettra d’atteindre une masse critique ‘

Surrendettement, problèmes techniques, erreurs stratégiques… Noos a chèrement payé sa politique (trop) offensive. Sa restructuration achevée, le câblo-opérateur attend beaucoup de la transposition en droit français de la directive
‘ paquets télécoms ‘.

Comment va Noos ? Noos va mieux. Nous avons connu des difficultés opérationnelles en 2001, liées en particulier à la migration vers un nouvel outil de relation client. Cela n’a pas été sans accrocs. Aujourd’hui, notre taux de satisfaction client
s’améliore. Nos résultats aussi. La société se redresse. Notre Ebitda est positif, et notre compte d’exploitation nous permet de tourner sans endettement supplémentaire. L’année dernière, nous tablions sur une croissance de 20 %. Elle n’a été
que de 15 % et nous a conduits à réduire nos effectifs.Justement, où en est votre plan social ? Nous avons dû nous résoudre au licenciement, basé sur un plan de départs volontaires. Les candidats avaient jusqu’au 30 avril pour se déclarer. Les premiers départs ont eu lieu au début du mois et s’échelonneront jusqu’à la fin
de juin. Notre objectif de réduction de 35 % de la masse salariale a été atteint. [Noos comptait 1 100 employés avant le début du plan de départs volontaires, NDLR].Qu’attendez-vous de la transposition de la directive ‘ paquets télécoms ‘ en droit français ?Nous en attendons l’alignement du régime du câble sur celui des opérateurs. Il n’y a pas de notion de licence nationale dans le monde du câble. Chaque opérateur doit faire une demande à une collectivité territoriale. Cela a contribué
à créer des réseaux locaux très disparates. Enfin, un seuil de concentration de 8 millions de foyers nous interdit tout rapprochement avec un autre câblo-opérateur. Or, nous avons pour objectif de devenir un exploitant d’envergure
nationale.Si la cession de Noos par le groupe Suez se confirme, l’adossement à un autre câblo-opérateur peut-il être une solution ?La fusion est un des schémas qui nous permettra d’atteindre une taille critique nécéssaire. De nombreuses rumeurs de rapprochement courent entre les quatre principaux acteurs français : NC Numéricable, UPC, France Télécom et
Noos. Mais, jusqu’à présent, il n’y a pas eu de déclencheur. Autrement dit, aucun acheteur industriel. Le monde du câble cherche des investisseurs. Noos aussi. Nous devons donc assainir notre situation financière pour intéresser de nouveaux
investisseurs. Nous pourrons alors développer un projet industriel ambitieux.Vous avez lancé il y a peu une offre haut débit à 512 Kbits/s pour 29 euros par mois. Pensez-vous que la guerre du câble se gagnera sur les prix ?Pas spécialement. Mais nous avons mis en place cette offre car nous pensons que 29 euros est le palier idéal pour qu’un internaute se décide à souscrire à un abonnement haut débit. Une chose est sûre, Internet est un relais de
croissance. C’est pourquoi nous avons décidé de prolonger cette offre jusqu’à l’été.La télévision reste-t-elle un relais de croissance ? Avec un taux de croissance de 10 %, la télévision représente la moitié de notre croissance totale. La télévision reste un vecteur de développement important. A condition d’ouvrir de nouveaux marchés, en proposant par exemple des
décodeurs moins sophistiqués et donc moins chers. Même si notre offre d’entrée de gamme est à 11 euros par mois, l’abonnement moyen tourne autour des 30 euros mensuels. C’est encore peu démocratique. On peut également travailler sur
d’autres modes de commercialisation : nous avons pendant un temps permis à nos nouveaux abonnés à Internet de souscrire à une offre télévisée pour 1 euro supplémentaire par mois. C’est en passant par Internet que nos abonnés
souscrivent une offre à la télévision numérique.Vous avez abandonné la téléphonie fin 2001, et annonciez alors reprendre cette activité en 2004. Qu’en est-il aujourd’hui, à six mois de l’échéance ? Nous n’en sommes pas encore là. L’offre de téléphonie ne permet toujours pas de constituer des marges conséquentes.Entre la TNT et la télévision sur ADSL, le câble a-t-il toujours une place ?J’en suis persuadé. Noos compte plus d’un million de clients. La télévision sur ADSL en cumule tout au plus 200 à Boulogne. [Patrick Leleu fait référence à l’expérimentation de TF1 auprès d’une poignée de collaborateurs,
NDLR]
. Tout le monde parle de la télévision sur ADSL, mais nous en faisons depuis 2000 sur notre propre réseau Internet. Nous proposons également de la vidéo à la demande sur du haut-débit grâce à un partenariat avec Netciné. De plus, les
technologies continuent d’évoluer, avec notamment la norme DOCSIS (celle du câble), qui nous permettra, d’ici à l’horizon 2005, d’obtenir à la prise du client un débit de 30 mégabits. Le câble aura toujours sa place.

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Propos recueillis par Hélène Puel