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On a essayé Android Pie sur un Pixel 2 XL : du renouveau pour l’OS de Google

La nouvelle version d’Android est disponible. Ou presque : Pour en profiter, il faut disposer d’un appareil très difficile à trouver en France : un smartphone Pixel. Google nous a prêté un terminal (Pixel 2 XL) afin de nous permettre d’essayer son nouveau système.

Préparez-vous à chambouler vos habitudes. Depuis quelques jours, nous essayons Android Pie sur un terminal (Pixel 2 XL) prêté par Google. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous avons été surpris par l’ampleur des modifications apportées à la navigation dans l’OS.

Rappelez-vous, nous vous en parlions il y a quelques semaines : avec Android Pie, Google a choisi de changer radicalement son interface. Adieu les trois boutons (retour, home et multitâche) auxquels on était habitué depuis des lustres. Place à une navigation par gestes, qui rappelle fortement celle qu’a adopté Apple avec son iPhone X. Un choix à vrai dire logique, à l’heure où les écrans de nos smartphones s’allongent et tendent à occuper l’ensemble de la face avant de l’appareil.

Une navigation repensée

Reste qu’il faut apprivoiser cette nouvelle méthode de navigation, qui pourra vous sembler déstabilisante au premier abord. On a donc désormais un seul bouton en bas de l’écran, suppléé tout de même par une traditionnelle commande retour à sa gauche dès que c’est nécessaire.

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Ce bouton unique combine plusieurs fonctions. Il vous permet bien entendu de revenir à l’écran d’accueil en un tapotement. Une pression longue invoque quant à elle Assistant. D’un léger swipe vers le haut, il affiche aussi un nouveau carrousel multitâche, très similaire à celui d’iOS, avec une vue complète de la fenêtre des applications. C’est beaucoup plus lisible qu’auparavant et, sur notre terminal d’essai, d’une fluidité impressionnante. Il suffit alors de balayer (de façon horizontale, et non plus verticale) pour choisir le programme que l’on désire. Ou de faire un nouveau swipe vers le haut pour supprimer l’appli du carrousel, toujours comme sur iOS. Le tiroir d’applications n’a quant à lui plus de bouton dédié : on l’appelle par deux swipes successifs ou d’un long balayage vers le haut.

En revanche, on gagne une barre d’accès rapide aux cinq plus récentes applications, ainsi qu’un système permettant de basculer d’une appli à une autre sans passer par le carrousel, d’un swipe vers la droite en partant du bouton home. Deux nouveautés bien pratiques.

Comptez une demi-heure pour vous faire à cette navigation déroutante au début… Mais bien plus agréable à utiliser que les versions antérieures d’Android une fois qu’on y est habitué. Reste tout de même interrogation : cette interface, qui semble beaucoup plus gourmande en ressources, sera-t-elle aussi fluide sur des terminaux Android moins puissants ? Cela reste à voir…

Dopé à l’IA, vraiment ?

Si la nouvelle interface d’Android nous a convaincus, nous sommes plus dubitatifs quant aux fonctions d’intelligence artificielles -largement vantées par Google- introduites avec Pie. Notamment cette « batterie adaptative » censée observer vos habitudes d’usage de vos programmes pour augmenter l’autonomie de votre smartphone.

Concrètement, cela fonctionne de la façon suivante : si vous activez la batterie adaptative, Android Pie va surveiller en tâche de fond votre utilisation de l’ensemble des applications installées et découvrir, grâce à un modèle de machine learning, vos habitudes au fil du temps, afin de limiter leur consommation quand vous ne vous en servez pas. Par exemple, si vous lancez votre programme de running tous les matins, elle sera privilégiée par l’OS durant votre course, puis coupée pour économiser de la batterie.

Reste qu’il est difficile de savoir à quel point cette fonction est utile au quotidien : nous n’avons pas observé de réelles différences sur une journée en l’activant puis en la désactivant. Il est toutefois possible que l’algorithme n’ait pas encore eu le temps d’analyser en profondeur nos habitudes…. Nous n’hésiterons pas à refaire des tests pour amender cet article si besoin.

Même chose avec « Adaptation de la luminosité », qui, comme la batterie adaptative, traque vos habitudes pour automatiquement faire varier l’éclairage de l’écran. Nous n’y avons pas vu un énorme avantage par rapport à l’utilisation du traditionnel capteur de luminosité, qui modifie l’éclairage en fonction de la lumière ambiante.

Android Pie, l’OS de la détox numérique

Nous avons également joué avec ce qui s’appelle encore Digital Wellbeing, une application en bêta (et seulement en anglais pour l’instant) conçue par Google pour quantifier l’utilisation de votre smartphone… et pourquoi pas vous inciter à décrocher un peu.

Digital Wellbeing ajoute une nouvelle entrée dans les paramètres du mobile. Elle présente d’emblée un tableau de bord de votre utilisation quotidienne ou hebdomadaire de votre smartphone : temps passé à scruter son écran, applications les plus utilisées, nombre de déverrouillages et notifications reçues. Y jeter un oeil pourrait vous suffire à estimer que, peut-être, vous scotchez trop.

Mais cela ne s’arrête pas là : Digital Wellbeing vous permet également de fixer des limites à votre consommation, appli par appli. Vous pouvez décider, par exemple, de restreindre votre lecture quotidienne de tweets à 30 minutes. Lorsque vous aurez franchi ce seuil, l’icône de Twitter sera grisée et il vous sera impossible de lancer l’application… sauf si vous désactivez le compte à rebours depuis les paramètres. Et Digital Wellbeing ne plaisante pas. Si vous parvenez au bout du timer alors que vous êtes en train d’utiliser l’appli, elle sera subitement fermée et un message vous indiquera « Application en pause. Votre timer Twitter est achevé. Revenez demain ».

Difficile de savoir si cette fonction aura un véritable impact en matière de détox numérique. Mais elle a au moins un mérite : vous empêcher de lancer compulsivement un programme sur lequel vous avez déjà beaucoup traîné dans la journée. On regrette toutefois que Digital Wellbeing soit confiné à votre seul smartphone : si vous disposez également d’une tablette ou d’un autre téléphone sous Android Pie, il ne vous sera pas possible de cumuler vos statistiques ou de mutualiser les timers.

Autre fonction intéressante pour tenter de vous sevrer : Wind Down, qui passe automatiquement votre écran en noir et blanc et active le mode « ne pas déranger » la nuit, à une heure que vous fixez, jusqu’au lendemain matin. Moins agréable à consulter, votre smartphone perd ainsi une bonne partie de son intérêt.

App Actions et App Slices : encore du travail

Le tiroir d’applications gagne une nouvelle fonction baptisée App Actions, censée tenir compte de votre routine quotidienne pour vous présenter deux actions rapides (réserver un scooter Coup, fournir une navigation dans Maps…) utiles à l’instant T. Mais pour l’instant, App Actions tombe le plus souvent à côté de la plaque. Sans doute parce que la fonction n’est pas encore supportée par les développeurs d’applis.

Autre grand absent de cette première version d’Android Pie : App Slices, une nouvelle API cousine d’App Actions qui permet aux développeurs de faire remonter du contenu de leur appli depuis une simple recherche Google. Par exemple, si vous entrez « Uber » dans le champ de recherche, l’appli Uber vous permettra demain de réserver directement votre course. App Slices ne sera toutefois lancé qu’à l’automne.

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Par : Opera

Eric LE BOURLOUT