En janvier, 1 500 salariés de Reality Labs avaient été remerciés. En mars, 700 autres postes sautaient dans plusieurs divisions. Ce jeudi, un mémo interne révélé par la presse américaine et confirmé par Meta annonce une coupe massive : 8 000 emplois supprimés le 20 mai. S’y ajoutent 6 000 postes ouverts qui ne seront jamais pourvus. En quatre mois, le bilan dépasse les 10 000 départs. L’entreprise comptait encore 78 865 salariés fin 2025.
Où passe l’argent économisé sur les salaires ?
Janelle Gale, directrice des ressources humaines, justifie les coupes dans son mémo par un « effort continu pour gagner en efficacité ». L’objectif affiché : « compenser les autres investissements que nous réalisons ». Le mot « autres » désigne avant tout l’intelligence artificielle. Meta prévoit entre 115 et 135 milliards de dollars de dépenses d’investissement en 2026, soit près du double des 72 milliards dépensés l’an dernier.
L’entreprise a recruté massivement pour son laboratoire de superintelligence. Elle a aussi racheté les startups IA Moltbook et Manus. En parallèle, les équipes Reality Labs fondent. La division métavers, jadis vitrine de Zuckerberg, a perdu plus de 2 200 postes depuis janvier. Trois studios de jeux VR (Armature, Sanzaru, Twisted Pixel) ont fermé définitivement.
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Mark Zuckerberg avait prévenu dès la conférence de résultats de janvier. Il qualifiait 2026 d’année où « l’IA commencera à changer radicalement notre façon de travailler ». Il ajoutait que des projets mobilisant autrefois de grosses équipes étaient désormais menés par « une seule personne très talentueuse ».
Pourquoi Meta licencie en position de force financière
Pourtant, les caisses sont pleines à Menlo Park. Au dernier trimestre 2025, Meta affichait 59,89 milliards de dollars de revenus (en hausse de 24 %) et un bénéfice net record de 22,77 milliards. L’entreprise ne licencie pas parce qu’elle perd de l’argent. Elle licencie parce qu’elle en dépense encore plus ailleurs.
Et les factures s’accumulent aussi du côté des tribunaux. Un jury du Nouveau-Mexique a conclu que Meta n’avait pas protégé de jeunes utilisateurs contre l’exploitation sexuelle. Les pénalités pourraient atteindre 375 millions de dollars. À Los Angeles, Meta et Google ont été condamnés à verser 6 millions de dollars à une femme exposée aux réseaux sociaux dès l’enfance. Meta fait appel dans les deux affaires.
Les salariés américains concernés recevront 16 semaines de salaire de base, plus deux semaines par année d’ancienneté. L’action Meta perdait environ 2 % jeudi en fin de séance. Selon d’autres sources, les équipes restantes sont en cours de réorganisation en « pods » centrés sur l’IA.
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Source : BBC

