Meta AI, le chatbot IA de la maison mère de WhatsApp, Facebook et Instagram, est dans le viseur de la Commission européenne. Bruxelles a ouvert une enquête antitrust visant le déploiement des fonctionnalités d’intelligence artificielle de Meta sur WhatsApp, ce jeudi 4 décembre.
En mars dernier, le groupe de Mark Zuckerberg lançait son outil d’intelligence artificielle en Europe. Depuis, les utilisateurs européens peuvent converser avec l’agent conversationnel de Meta lorsqu’ils sont sur Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. Or, le groupe américain « pourrait empêcher les fournisseurs tiers d’intelligence artificielle de proposer leurs services via WhatsApp », note la Commission européenne, dans son communiqué.
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Des utilisateurs « captifs » de l’univers de Meta ?
Le 30 juillet dernier, l’Italie annonçait ouvrir une enquête visant WhatsApp, sur le même dossier. Concrètement, les autorités italiennes cherchent à savoir si Meta a abusé de sa position dominante, en intégrant son outil IA à tous les utilisateurs de WhatsApp. L’autorité antitrust italienne se demande aussi si le géant californien des réseaux sociaux a empêché d’autres agents IA d’intégrer la plateforme. Des questions que se poseraient aussi les autorités européennes, à Bruxelles, selon le Financial Times,, ce jeudi 4 décembre.
« En combinant Meta AI et WhatsApp, Meta semble capable d’orienter sa clientèle vers le marché émergent, non pas par le biais d’une concurrence fondée sur le mérite, mais en “imposant” la disponibilité des deux services distincts aux utilisateurs », écrivait l’autorité italienne. Résultat, les utilisateurs pourraient devenir « captifs » de l’univers de Meta, ou « fonctionnellement dépendants de Meta AI, notamment parce qu’en utilisant les informations fournies au fil du temps, il semble que les réponses générées par le service deviennent de plus en plus utiles et pertinentes », ajoutait-elle.
L’enquête de Bruxelles est ouverte non pas sous l’égide du DMA, le règlement européen sur les marchés numériques, mais en vertu des lois relatives au droit de la concurrence de l’Union européenne, à savoir l’article 102 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et l’article 54 de l’accord sur l’Espace économique européen.
Contacté par nos confrères, Meta a renvoyé à une déclaration faite après l’annonce de l’enquête italienne, dans laquelle l’entreprise a « fermement rejeté ces allégations sans fondement ». Cette nouvelle enquête européenne intervient alors que Donald Trump et son gouvernement multiplient les critiques contre la réglementation européenne sur le numérique et ses amendes, deux éléments décrits comme visant spécifiquement les entreprises américaines. En novembre, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a déclaré que l’UE devait assouplir ses réglementations sur le numérique : une demande combattue énergiquement par des représentants européens.
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En avril dernier, Meta s’est vu infliger une amende de 200 millions d’euros pour violation du DMA. En novembre 2024, le groupe a aussi été condamné à une amende de près de 800 millions d’euros pour avoir lié son service Facebook Marketplace à son réseau social. Récemment, la Commission européenne a initié plusieurs procédures malgré la pression du gouvernement Trump, l’une visant Google, pour ses classements des médias dans les résultats de recherche, et l’autre ciblant Amazon et Microsoft, pour leur cloud.
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Note de la rédaction : cet article a été modifié après la publication du communiqué de la Commission européenne confirmant l’enquête visant Meta.
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