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Maudits journalistes!

Les technologies de l’information se veulent omniprésentes. Et doivent dorénavant affronter la presse tout public, capable d’amplifier le moindre faux pas en catastrophe, ruinant des mois de communication. Tremblez, messieurs les puissants!

C’est bien connu, on ne s’intéresse pas aux trains qui arrivent à l’heure. Mais que l’un d’entre eux, une fois, ait du retard et cela ne manquera pas de faire jaser. C’est ce qu’est en train de découvrir, et parfois amèrement, le petit monde de l’informatique, d’Internet et des télécoms.Jusqu’à présent, la presse, dans ce secteur, était surtout professionnelle et spécialisée. Des médias habitués à la neutralité, qui s’intéressent surtout aux grandes innovations, aux grandes idées, et beaucoup plus rarement aux petites histoires. On pouvait donc facilement pousser ses balayures honteuses sous le tapis, personne ne viendrait le soulever.Mais aujourd’hui les choses changent : ces technologies font désormais partie de la vie quotidienne de suffisamment de monde pour que les médias traditionnels leur consacrent une large place. Bien entendu, plus l’information est croustillante, plus elle a de chances d’être développée. Et si les ” affaires ” ne sont certainement pas plus nombreuses qu’avant, elles se retrouvent désormais massivement ébruitées : la vulnérabilité de produits Microsoft aux virus, l’espionnage industriel d’Oracle, les solvants cancérigènes d’IBM… Autant de scandales susceptibles de ruiner des mois d’efforts marketing.A ce titre, l’exemple de l’arrivée en France d’Amazon est emblématique. Afin de ménager ses effets, le gros libraire américain a choisi la voie du secret. Mais en recevant plus que fraîchement un journaliste de Libération venu enquêter sur l’état d’avancement du projet, il s’en est fait un ennemi mortel. Du coup, après la soirée de lancement ratée, la publication de sa base de données de critiques de bandes dessinées lui a valu un traitement acide de la part du quotidien.Ces commentaires, publiés sur le site et plus que discutables, ont provoqué la fureur des amateurs de BD. Cherchant maladroitement à se justifier, ne prenant aucune mesure immédiate pour remédier au problème, Amazon.fr a été incapable de gérer la crise et se retrouve désormais dans une position inconfortable.Les journalistes grand public n’ont ni les mêmes intérêts ni les mêmes égards que les journalistes spécialisés. Faute de disposer d’un service de presse de combat apte à dompter les fouineurs, une fois l’article paru, il ne restera plus qu’à pester contre les maudits journalistes.Prochaine chronique le jeudi 5 octobre

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Par Jean-Baptiste Dupin