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Lunettes connectées Meta : pourquoi un grand opticien européen a décidé de ne plus les vendre

Hans Anders, l’une des plus grandes chaînes d’optique néerlandaises, suspend la vente des lunettes Ray-Ban Meta aux Pays-Bas et en Belgique par crainte pour la vie privée.

Hans Anders, l’une des plus grandes chaînes d’optique des Pays-Bas, a suspendu la vente des lunettes connectées Ray-Ban de Meta aux Pays-Bas et en Belgique, en raison d’inquiétudes sur la vie privée. C’est l’une des premières décisions de ce type prise par un distributeur, précise Reuters.

Une suspension « jusqu’à nouvel ordre »

« Cette décision fait suite au débat public et politique en cours sur les lunettes connectées, et aux questions soulevées sur les conditions dans lesquelles cette technologie peut être utilisée », a expliqué un porte-parole de la chaîne. Elle n’exclut pas un retour et, selon la RTBF, Hans Anders indique que « le produit pourrait être remis en vente ultérieurement », mais qu’elle ne le propose plus dans ses magasins pour le moment.

Hans Anders appartient à Nexeye, groupe détenu par le fonds KKR, qui exploite 776 magasins dans cinq pays. Les lunettes de Meta n’y sont pas vendues en Allemagne, en Autriche ni en Suède.

Un régulateur et une association de consommateurs montent au créneau

Aux Pays-Bas, l’autorité de protection des données a rappelé le 22 septembre que les personnes qui filment ou photographient d’autres personnes avec ces lunettes ne peuvent pas utiliser, partager ni publier ces images sans autorisation. Elle conseille même aux organisations d’interdire ces lunettes dans leur règlement intérieur si nécessaire. « Les personnes doivent pouvoir se promener librement dans la rue sans craindre que quelqu’un les filme à leur insu », a déclaré Katja Mur, membre de son conseil d’administration.

L’association de consommateurs Consumentenbond, qui avait réclamé fin septembre l’interdiction pure et simple de ces lunettes, a annoncé cette semaine qu’elle irait en justice contre Meta si le groupe ne rendait pas ses lunettes conformes à la loi sur la vie privée.

La France s’intéresse aussi au sujet

Le débat dépasse les Pays-Bas. En France, le parquet de Paris a ouvert une enquête pénale à la suite de plaintes pour harcèlement sexuel visant des personnes qui filment des femmes dans la rue sans leur consentement. La CNIL s’est elle aussi emparée du dossier. Les lunettes connectées sont par ailleurs interdites dans les tribunaux de l’État de New York depuis juillet.

Ce que répond Meta

Le groupe dit continuer à développer ses lunettes. Selon un porte-parole, « chaque paire dotée d’une caméra a une lumière vive à l’avant qui clignote quand on prend une photo ou une vidéo. Elle ne peut pas être désactivée, et la caméra est désactivée si quelqu’un la couvre ou la manipule ». Meta reconnaît toutefois que les abus existent : « Les utilisateurs trouvent des moyens créatifs de contourner ces limites », a expliqué l’entreprise lors de la présentation de sa nouvelle gamme, en promettant des « mesures agressives » à mesure que des abus seront constatés.

Meta a aussi présenté fin septembre les Ray-Ban Meta Audio, sa première paire sans caméra, vendue 349 euros à partir du 13 octobre. Cette variante représente une nouvelle option pour qui veut parler à Meta AI sans les questions de vie privée liées à un appareil photo. Les modèles avec caméra restent toutefois au catalogue, y compris la nouvelle génération Gen 3 (449 euros). Meta lance même en France, à la même date, ses Ray-Ban Display, à écran intégré, à 899 euros.

Le géant américain domine d’ailleurs le marché, avec 94 % des expéditions mondiales de lunettes IA sans écran au premier semestre 2026, selon Counterpoint Research. Une suspension chez un seul distributeur ne pèse donc pas sur ses ventes, mais elle crée un précédent.

 

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