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Les opérateurs pour mobiles continuent de miser sur le WAP

Malgré un début difficile, les trois opérateurs français de téléphonie mobile gardent confiance dans le protocole WAP. Ils comptent sur le protocole GPRS pour en amorcer le véritable décollage

Échec relatif, démarrage poussif… La France aurait-elle trébuché sur la première marche de l’Internet mobile ? Le WAP (Wireless Application Protocol), présenté comme tel, doit affronter de nombreuses critiques. Le nombre d’abonnés en France est ridicule, comparé aux millions de ceux du service I-Mode de l’opérateur japonais NTT DoCoMo.Fin août, France Télécom avait vendu 150 000 terminaux mobiles WAP et, début septembre, SFR comptabilisait 22 000 abonnés. Selon le cabinet GfK, entre juin et juillet, les ventes de téléphones WAP ont légèrement progressé passant de 2 % à 5 % de l’ensemble des ventes de terminaux mobiles. Prudent, Bouygues Telecom a retardé le lancement de son offre à fin octobre, et relativise l’apport du WAP dans sa version actuelle : “Je ne vais pas vous dire que le WAP, c’est formidable. Nous n’avons pas voulu participer à sa mort en démarrant nos services trop tôt”, indique Patrick Leleu, directeur de Bouygues Telecom.Le WAP présente en effet quelques handicaps. D’abord, la polémique sur le verrouillage WAP, associée à la volonté des opérateurs de ” scotcher ” leurs clients sur leur portail, a terni d’emblée son image. En pratique, les utilisateurs se plaignent d’une navigation complexe qui suppose de passer par plusieurs menus pour obtenir l’information utile.Mais c’est la lenteur du réseau GSM et son mode de connexion qui restent son défaut majeur. L’utilisateur doit patienter une vingtaine de secondes avant d’être connecté. “Ce temps d’attente nuit à la crédibilité du WAP. En situation de mobilité c’est insupportable”, reconnaît Patrick Leleu. “Le WAP a été survendu, confirme Marc Chemouil, analyste chez GfK. On l’a identifié à l’Internet mobile, censé présenter des images animées sur des terminaux à technologie à haut débit, alors qu’il s’agit actuellement d’un accès à bas débit, avec un affichage monochrome sous forme d’icônes. Avec les débuts difficiles du WAP, ce gros ballon a explosé à la tête de ses promoteurs.”

Des opérateurs résolument optimistes

Cependant, le WAP gomme petit à petit ses défauts de jeunesse. L’offre se démultiplie avec l’arrivée de nouveaux terminaux dans les linéaires comme ceux des constructeurs Siemens, Sony, Motorola, Alcatel… “Cela devrait encore s’accélérer avec l’arrivée des premières offres prépayées en WAP. Environ 700 000 terminaux WAP devraient être vendus avant la fin de l’année”, estime Marc Chemouil. Et les opérateurs restent résolument optimistes. “Il n’y a pas de problème de fond sur le WAP. Que ce soit au niveau des opérateurs, des constructeurs ou des fournisseurs de services Internet qui convertissent à grande échelle leurs contenus au format WAP”, constate Jean-Marc Tassetto, directeur général adjoint chez SFR. “Même s’il est lent aujourd’hui, le WAP est un véritable produit”, indique Patrick Leleu de Bouygues Telecom. Au salon la Semaine des télécoms, l’opérateur en faisait la démonstration en étudiant des itinéraires entre deux villes françaises par critères (le plus rapide, le moins cher…).France Télécom chiffre même ses ambitions. “Notre objectif est d’avoir un million de clients actifs au printemps 2001”, indique Didier Quillot, directeur de France Télécom Mobiles. D’autant que le GPRS (General Packet Radio Services) est proche. “Le WAP-GPRS sera la véritable innovation. Le délai de connexion serait réduit à environ deux secondes. Nos services GPRS démarreront commercialement au niveau national en novembre”, précise Jean Marc Tassetto, conforté par un récent voyage d’observation au Japon. “Le mail et l’envoi de SMS représentent 90 % des usages des utilisateurs de l’I-Mode, en mode données. Avec le GPRS qui apportera une connexion permanente, le WAP n’aura plus rien à envier à l’I-Mode.”Plutôt que la technologie, ce sont les conditions du lancement du WAP qui sont à mettre en cause. Les opérateurs auraient dû commencer par expliquer quelle était la valeur ajoutée à attendre de ce protocole. Il conna”tra le succès, au sein des entreprises sûrement, auprès du grand public peut-être. Mais seulement lorsque la téléphonie mobile bénéficiera du haut débit avec le GPRS.

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HASSAN MEDDAH