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Les licenciés de SSII se constituent en collectifs

S’estimant licenciés de façon abusive, d’ex-salariés d’Altran, de Marine Consulting ou de R3D se sont regroupés pour défendre leurs droits. Ils organisent leurs démarches prudhomales.

Alors que les sociétés de service communiquent de nouveau sur des
prévisionnels de recrutement ambitieux, leurs anciens salariés se rappellent à leur bon souvenir. Licenciements pour refus de mission ou insuffisance professionnelle, démissions
forcées ou départs négociés, ils seraient plusieurs centaines à avoir été
mis sur la touche en toute discrétion depuis 2001.Alors que la première vague d’affaires arrive aujourd’hui aux Prud’hommes, des plaidants se sont regroupés pour faire entendre ensemble leur voix. Une réponse à l’absence ou à la faible mobilisation des
syndicats et des délégués du personnel en place.Créé en début 2003, le Collectif des licenciés d’Altran regrouperait aujourd’hui entre cent quarante et cent soixante adhérents. Ses moyens d’action : une adresse e-mail, ainsi qu’un réseau formé
d'” ex ” et de collègues en poste. “Au-delà de l’aide apportée aux salariés licenciés dans leurs démarches prud’homales, le collectif coordonne les actions au niveau national.
Notre objectif consiste à démontrer qu’il s’agit de licenciements économiques et qu’à ce titre, l’entreprise aurait dû procéder à un plan social”
, affirme un de ses animateurs.Chaque membre doit apporter un certain nombre de pièces à charge afin de constituer un dossier d’ensemble. “Nous avons pu ainsi constater que, d’une filiale à l’autre, circulent des lettres
de licenciement type. Pour pousser à la faute, on confie à un consultant une mission en décalage avec son profil, ou on lui reproche de ne pas s’être présenté à un rendez-vous, jamais planifié.”
Ces dérives se poursuivraient. “Chaque semaine, je reçois deux à trois appels alarmants et autant d’e-mails.” Dans le même temps, Altran prévoit de recruter ” au
moins ” deux mille ingénieurs en 2004.

Prévenir les démissions et plaider les fautes graves

L’Association des anciens salariés de Marine Consulting (ADASM), quant à elle, s’est formée suite au rachat de la société par le groupe Optium. Sur les cent quatre-vingt-dix consultants repris en juillet 2002, ils ne
seraient plus, aujourd’hui, que soixante-dix, alors que Marine Consulting a été placé en liquidation judiciaire.“Optium a conservé les contrats et les salariés les plus “rentables “,
tout en poussant les autres vers la sortie”,
estime l’un des représentants du collectif. Pour ne pas être attaquée, l’ADASM se présente non pas comme une association loi 1901, mais comme une ” association de fait “.Une plate-forme d’échange reposant sur une mailing list, une lettre et des réunions d’information. “Nous expliquons qu’il ne faut jamais démissionner et qu’une faute grave se
plaide.”
Dernier collectif en date, l’Association des anciens salariés de R3D (ADASR) a été fondée en mars dernier. Au-delà du cas des licenciements abusifs, l’ADASR dénonce un ensemble de pratiques, dont le renouvellement
unilatéral de la période d’essai, des dépassements d’horaires non pris en compte, ou encore des fraudes à l’encontre du Fafiec (organisme paritaire collecteur). Comme pour les collectifs d’Altran ou de Marine Consulting,
l’ADASR aurait demandé, en vain, à rentrer en contact avec la direction.

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Xavier Biseul