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Le triomphe de SOAP et ce qu’il signifie

Récemment adopté par Oracle, SOAP (Simple Object Access Protocol) poursuit sa tournée triomphale. Ce mécanisme de RPC (Remote Procedure Call ou appel de procédure à distance)…

Récemment adopté par Oracle, SOAP (Simple Object Access Protocol) poursuit sa tournée triomphale. Ce mécanisme de RPC (Remote Procedure Call ou appel de procédure à distance) est basé sur le langage XML (messages d’appels et de réponses léger et standard) et s’appuie sur HTTP (voir chronique d’IP n?’ 47).Certains voient le succès de SOAP comme un signe du retour de “l’informatique”. En effet, l’intérêt renaissant de l’industrie pour les architectures distribuées (SOAP constitue d’ailleurs une forme de middleware favorisant les fonctionnements répartis) pourrait accréditer le retour en grâce de la technique maintenant que les rêves de ruée vers l’or d’internet se sont un peu calmés (B to C : back to computing !).En fait, le triomphe de SOAP repose sur deux raisons : d’abord, il surclasse Corba ou DCom ; ensuite, il bénéficie de l’utilisation d’internet… Je m’explique.Avantage concurrentiel déterminant vis-à-vis de Corba, SOAP est capable de passer au travers des coupe-feu des en-treprises sans paramétrage particulier. Or, aujourd’hui bien plus qu’hier, la “fluidité sur le Net” est devenu un critère incontournable pour le choix des plates-formes et des architectures. Et cette fluidité s’obtient par la légèreté et la stricte conformité aux standards établis, auxquels répond SOAP.Ces contraintes se comprennent facilement par l’élargissement du concept d’intégration des systèmes. Hier, la notion d’EAI (Enterprise Application Integration) s’arrêtait au chantier d’harmonisation des applications dans l’entreprise. Aujourd’hui, nous entrons dans un contexte “d’hyper EAI” où il s’agit de s’interfacer avec une multitude de systèmes d’information (fournisseurs, sous-traitants…). Seules les solutions qui s’appuient sur des standards reconnus ont droit de cité. SOAP (et XML à travers lui) est donc en passe de devenir la brique technique fédératrice capable de mettre en place des applications distribuées au-dessus d’internet, et cet avènement n’est pas le symbole du retour de la technique, mais plutôt une preuve que le Net est bien devenu l’infrastructure du fonctionnement (informatique) des entreprises.L’autre enseignement important véhiculé par la montée en puissance de SOAP, concerne le rôle clé joué par le mouvement Open Source qui, plus que jamais, détermine seul quelles sont les technologies qui deviennent des standards reconnus. Si SOAP, qui provient pourtant de Microsoft, a été adopté par Oracle (!), c’est parce que cette RPC est mise en ?”uvre par la communauté Open Source dans le cadre du projet XML-Apache, ce qui lui a valu le titre de “vrai” standard.Il faut être lucide, ce ne sont plus les éditeurs de logiciels qui dictent les directions et les conditions d’évolution de la technique. Nous entrons dans l’ère du développement collaboratif rendu possible par la disponibilité dinternet et par la pratique de la publication des codes sources.

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Alain Lefebvre