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L’administration de systèmes: un bulletin de santé en temps réel

Assurer le bon fonctionnement des systèmes informatiques n’a plus le même sens aujourd’hui. Les utilisateurs exigent désormais la définition de politiques contractuelles pour assurer la qualité du service.

L’administration n’a jamais été une tâche simple. Même à l’époque des architectures centralisées. Pour autant, la standardisation autour des mainframes dans les années soixante-dix et quatre-vingt a jeté les bases d’une offre solide pour l’administration, aussi bien du point de vue de la disponibilité que de la gestion des performances et de l’optimisation. Outre IBM, qui proposait de tels outils à son catalogue, des noms prestigieux ont vu le jour, comme Boole & Babbage (BB), Legent, Candle, BMC Software ou Computer Associates (CA).C’est à partir des années quatre-vingt-dix que l’introduction des réseaux locaux de PC a eu pour conséquence un regroupement des notions d’administration de systèmes et de réseaux. La multiplication de ces derniers a provoqué la prolifération d’équipes de gestion indépendantes, dont les liens avec l’informatique centrale n’ont pas toujours été très étroits.

Une extension vers les systèmes ouverts

Les responsables informatiques ont alors hérité d’architectures d’une grande complexité, sans disposer de standards applicables. Pour les spécialistes, ce fut également l’occasion de s’étendre vers les systèmes ouverts, souvent par croissance externe : BMC Software reprend Boole & Babbage, Compuware le spécialiste Unix Ecosystems, tandis que Computer Associates s’adjuge Legent et Platinum, et qu’IBM s’empare de Tivoli.Pour permettre l’automatisation des remontées d’alertes sur un système a priori hétérogène, le protocole SNMP (Simple Network Management Protocol) proposait une architecture simple, basée sur le concept d’agent et de gestionnaire.L’agent, qui entretient une base d’informations, est installé sur la ressource (routeur, machines, etc.) et interrogé régulièrement sur son état par la console d’administration. Mais le fait que ce soit à cette dernière d’interroger la ressource cantonnait SNMP à la gestion de réseaux de petite taille. Plus riche mais plus exigeant, CMIP (Common Management Information Protocol), proposé par l’ISO ne rencontra qu’un succès d’estime. Vint ensuite la notion de plate-forme, promue par les grands éditeurs comme CA avec Unicenter, IBM avec Tivoli ME, ou encore HP avec Openview. Elle consiste à regrouper dans un environnement homogène l’ensemble des outils nécessaires : gestion d’événements, sécurité, analyse et optimisation des performances, gestion du stockage, support utilisateur, etc.Avec le démarrage du commerce électronique, le système informatique devient réellement un élément différenciateur pour l’entreprise, et il faut pouvoir l’évaluer. Sous la pression des utilisateurs, les fournisseurs ne peuvent plus se cantonner à la synthèse de détails techniques, comme le taux de remplissage d’un disque. Il leur faut délivrer de véritables tableaux de bord sur les performances et la disponibilité des applications de façon à pouvoir mesurer précisément la qualité du service apporté du point de vue du métier. C’est la dernière en date des grandes évolutions des outils d’administration, de nombreux éditeurs proposant désormais des modules dédiés.

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Philipe Davy