Passer au contenu

La guerre de l’ombre

Après avoir surexploité la Seconde Guerre mondiale, Call of Duty jette son dévolu sur la guerre froide.

Dans le genre des jeux de tir en vue subjective (FPS), les épisodes de Call of Duty jouissent d’un statut particulier. Bâtis sur un scénario solide, les opus de la série bénéficient d’une mise en scène soignée qui plonge le joueur au cœur de l’action, en pleine immersion. Celui-ci ne déroge pas à la règle, les montées d’adrénaline et les séquences dantesques s’enchaînent presque sans répit. L’histoire débute en 1961, à Cuba, avec le fiasco de la baie des Cochons et se poursuit jusqu’en 1968, pour un dénouement bien amené sans être extraordinaire. Chaque chapitre commence par un flash-back, où le soldat d’élite Mason doit raconter, sous la torture, ce qui s’est passé durant chaque opération. La grande force du jeu est aussi de faire voyager le joueur. Cet opus l’entraîne de Cuba aux geôles d’un camp de travail soviétique en passant par le Vietnam ou encore la Sibérie enneigée.

Entre cinéma et jeu vidéo

Doté d’un arsenal qui compte une vingtaine d’armes, qu’il s’agisse du fusil d’assaut M16, de la mitrailleuse lourde M60 ou encore du fusil à pompe, chacune a bénéficié d’une reconstitution graphique minutieuse et d’une sonorité particulière. De même, l’animation des personnages est d’un naturel saisissant renforcé par la présence de la sueur, des rides et de la crasse. Cet épisode est aussi le témoin indiscutable de la fusion entre cinéma et jeu vidéo, car tous les plans jouent avec le cadrage et la lumière. Les passages qui se situent au Vietnam font ouvertement référence aux longs-métrages évoquant la guerre tels Apocalypse Now ou Platoon.

Des millions de joueurs

Les commandes sont intuitives et facilitent la plongée dans le jeu, sous tension, guettant le moindre signe, le bruit le plus infime. Les embuscades ne manquent pas, les fausses redditions et les pièges existent. Certains passages d’anthologie font intervenir des véhicules, comme le pilonnage de positions Viêt-cong à bord d’un hélicoptère ou une évasion à moto qui rappelle furieusement La Grande Evasion. En allant au plus vite, la campagne solo se boucle en sept heures. Ce qui est court, mais intense. Cela dit, la partie la plus importante du jeu reste encore la fonction multijoueur qui fédère une communauté qui se compte en millions. Outre les classiques matchs en équipe, le titre propose des parties originales où l’on mise des points qui permettent d’acheter personnalisations et capacités spéciales. Et gare à la banqueroute en cas de défaite ! Ces Wagers Matches proposent de se battre avec une seule balle et un couteau, ou font changer d’arme, de manière aléatoire, toutes les soixante secondes. De quoi garantir leur quota de nuits blanches aux fanatiques du multi.

Action et tension garanties

Sans doute l’un des meilleurs épisodes de la saga par bien des aspects, ce Call of Duty souffre tout de même de menus défauts. Le moteur graphique vieillissant est trahi par certains effets et textures de mauvaise qualité. De même, si le doublage est de qualité, la synchronisation labiale n’est pas toujours au rendez-vous. Quoi qu’il en soit, le titre vous entraîne dans une telle spirale d’actions non-stop, où la tension ne faiblit jamais, qu’on est prêt à lui pardonner. Un excellent cru !L’avis de la rédaction
On aime

La réalisation de haute volée, le contenu mature où la violence n’est jamais gratuite, l’action à 100 à l’heure, l’immersion réussie.
On n’aime pas
Certaines textures et effets pas réussis, l’abus de scripts qui imposent des d’actions.
Mention Très bien

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Cyril Valent