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IBM profite de la lame de fond Linux

La saga du libre bat son plein. Présent à Linux Expo 2001, où IBM présentait ses produits, c’est au tour d’Adam Jollans, responsable d’IBM Software Europe pour le marketing des produits Linux, de lancer une salve contre la firme de Redmond.

IBM parle d’expérience, par la voix d’Adam Jollans, responsable IBM Software Europe pour le marketing des produits Linux. A l’occasion du salon Linux Expo 2001, il a qualifié d’“arrogante” la campagne de Microsoft contre la licence libre GPL (licence publique générale).Une arrogance partagée par IBM dans les années 80, avant qu’elle n’adopte pour formule maison : “L’expérience est égale à la somme de nos erreurs.”Les licences libres sont au centre des préoccupations de Microsoft. Récemment dans nos colonnes, Craig Mundie insistait sur le danger qu’elles représentent pour les éditeurs : absence de propriété intellectuelle et frein à l’investissement. Point de vue que ne partage évidemment pas IBM, très engagée sur la voie Linux pour commercialiser ses machines.” La majorité de nos serveurs gère aujourd’hui le système d’exploitation Linux : moyens sytèmes xSeries et iSeries (AS/400), grands systèmes zSeries, et systèmes RISC d’entrée de gamme pSeries “, explique Manuel Guerrero, Market manager des marchés Linux chez IBM France.Big Blue travaille par ailleurs à l’amélioration des performances de Linux, à travers, entre autres, le dévelopement du système de fichiers journalisé JFS (Journaled File System). “Au total, nous consacrerons près de 1 milliard de dollars en recherche & développement pour l’Open Source dans l’année à venir “, poursuit Manuel Guerrero.

Le caractère “persistant” de la licence GPL inquiète Microsoft

La pomme de discorde entre les tenants du logiciel libre et Microsoft porte en définitive sur le caractère persistant des licences publiques générales. Ainsi, tout logiciel qui utilise du code GPL devient à son tour une application distribuée sous licence GPL.” Ce qui implique l’ouverture du code source, la possibilité de le modifier et de le distribuer librement “, commente Frédéric Couchet, président de la Free Software Foundation France et de l’association April.Et d’ajouter que ” cette clause ne s’applique qu’au logiciel en lui-même, et non au code qu’il pourrait être amener à produire “.Pour les défenseurs de Linux, la cause est entendue. Microsoft regrette de ne pouvoir réutiliser ce code libre distribué sous licence GPL dans Windows, comme d’autres licences libres du type Berkeley (à l’?”uvre dans FreeBSD) pourraient l’y autoriser.

L’Open Source déplace la valeur marchande vers les logiciels métier

Dans certaines conditions, le logiciel libre peut néanmoins devenir un logiciel propriétaire. Exemple type, la licence libre de type ” domaine public “, qui permet la modification d’un programme et sa conversion en logiciel propriétaire. Une aubaine pour les éditeurs commerciaux. Avec la licence GPL (idem pour la licence libre copyleft), pas de conversion possible.” Les logiciels restent ouverts et peuvent être améliorés par tout éditeur. L’Open Source, dont Linux, est une lame de fond qui va transformer l’environnement d’exploitation des serveurs en un produit de base peu onéreux. La valeur ajoutée se déplacera vers les logiciels métier, en général propriétaires “, conclut Manuel Guerrero.Une menace réelle pour les systèmes d’exploitation Windows, produit vedette de la firme de Redmond.

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Francisco Villacampa