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Haut débit pour tous : l’Etat doit donner des gages de sérieux

La manifestation d’Autrans est l’occasion de faire le point sur les initiatives régionales en matière d’accès à haut débit. Un débat économique et politique qui évolue lentement.

L’accès à haut débit pour tous et sur tout le territoire d’ici à 2005 ? C’est l’annonce officielle qu’avait faite le CIADT (Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire) en juillet dernier, aides gouvernementales à l’appui.A la manifestation d’Autrans, dans le Vercors, les participants ont eu droit à une démonstration de la récente technologie WiFi (Wireless Fidelity). Ce standard international, qui permet des connexions à haut débit sans fil, est pour l’instant destiné en France aux réseaux locaux domestiques, car il utilise une fréquence réservée à la défense nationale.WiFi pourrait cependant intéresser bien vite les villes enclavées, en tant qu’alternative, au même titre que le satellite, aux technologies ADSL ou à la fibre optique. ” Les zones enclavées ne sont pas rentables pour les opérateurs haut débit. Mais en même temps, ils prennent conscience que d’autres technologies pourraient bien un jour s’adapter à la ville, explique Jean-Michel Cornu, animateur du groupe français sur les standards de l’Internet et directeur scientifique de la Fing (Fondation Internet nouvelle génération). Cela pourrait donner lieu à un vrai conflit de marché. Le haut débit pour tous, c’est primordial. Mais à condition qu’il y ait un mixage des technologies, adaptées à chaque cas. “Jean-Michel Yolin, président de la section Innovation et entreprises du conseil général des Mines, s’est longtemps battu pour le développement des infrastructures télécoms en région, et vient de sortir la version 2002 de son rapport ” Internet et entreprises “. ” Je ne peux être que très satisfait de la mesure annoncée en juillet dernier. On en revient enfin au bon sens. Toute politique d’aménagement du territoire vise à aider les régions défavorisées. Et, jusqu’à maintenant, les infrastructures télécoms , aussi indispensables que les autres, semblaient bannies. “

Ne pas confondre haut débit universel avec ADSL pour tous

Entre la volonté politique et la concrétisation, il y a du chemin. Même si les projets émergent comme en témoigne l’étude de R3, un réseau de relais régionaux porté par l’Observatoire des technologies dans la ville qui vient de recenser les initiatives en terme de développement local et NTIC.Les écueils sont encore nombreux et, dans les couloirs d’Autrans, les critiques fusent : le manque de compétences au sein des instances officielles est pointé du doigt. ” On est dans une phase assez instable, les niveaux de maturité au sein de l’Etat sont très variés, regrette Jean-Michel Cornu. Si haut débit veut dire ADSL pour tous, je frémis ! “La prédominance historique de France Télécom suscite nombre de critiques. ” Il est temps que l’ART fasse son travail et que des grands procès à l’américaine aient lieu en France afin de ne pas obliger les régions à s’équiper de solutions technologiques inadaptées “, souhaitent plusieurs participants.A l’heure de l’analyse des vrais usages de l’Internet, la petite station de montagne d’Autrans veut montrer l’exemple et affirmer que les milieux ruraux ont aussi le droit de choisir. Mais la bataille politique et économique ne fait que commencer.

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Laure Deschamps