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Google obéit à l’Europe et annonce une mauvaise nouvelle aux utilisateurs de son moteur de recherche

Bruxelles exigeait un moteur plus équitable, Google livre un moteur dégradé, et l’assume par écrit. Les internautes européens vont tester en direct ce que 460 millions d’euros d’amende font à une page de résultats.

Entre Google et la Commission européenne, le bras de fer dure depuis plus de quinze ans, à coups d’amendes milliardaires et de recours interminables. Le dernier épisode se joue depuis le 23 juillet, date à laquelle Bruxelles a infligé 460 millions d’euros au géant pour avoir favorisé ses services d’achat, d’hôtellerie, de transport et de sport dans les résultats. Google déploie désormais sa réponse dans tout l’Espace économique européen, en prévenant qu’elle constituera la plus forte baisse de qualité de ses 29 ans d’histoire.

Comparateurs en tête de gondole, services maison rétrogradés

Concrètement, les pages de résultats européennes accueillent deux nouveaux modules. Le premier met en avant les comparateurs, agences de voyage en ligne et autres métamoteurs sur les recherches d’hôtels, de vols, de trains et cars longue distance ou de produits, le service le mieux classé s’affichant déployé par défaut, photos et tarifs compris. Le second réserve un espace aux entreprises en direct (hôteliers, compagnies, boutiques), que Google alimentera en aspirant leurs données publiques, sans intégration technique à prévoir. Les requêtes locales, restaurants et adresses de proximité en tête, suivront plus tard.

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Dans le même mouvement, le carrousel maison qui trustait le haut de page recule nettement plus bas, et certaines informations pratiques disparaissent, à commencer par les prix affichés en temps réel. « Ces changements dégradent l’expérience des Européens : ils renforcent les intermédiaires en ligne au détriment des entreprises locales et suppriment des fonctionnalités utiles au quotidien », attaque Nick Fox, vice-président de Google chargé de la recherche. Le règlement sur les marchés numériques interdit pourtant une chose assez simple : réserver un traitement de faveur à ses propres services. Google disposait de 60 jours pour se conformer, un délai qui court jusqu’à la fin du mois. Un air de déjà-vu, d’ailleurs, puisque l’affaire Google Shopping s’était soldée dès 2017 par 2,4 milliards d’euros d’amende pour un grief voisin.

Réserver un vol ou un hôtel ne se passera plus comme avant

Pour vous, le changement se verra dès la prochaine recherche de week-end. Taper « hôtel Lisbonne » fera remonter les plateformes spécialisées en haut de page, tandis que la carte et les tarifs en direct auxquels Google vous avait habitué se feront plus discrets, voire absents. Il faudra donc rouvrir plusieurs onglets et comparer soi-même, comme au bon vieux temps des années 2010 (le clic supplémentaire, cette madeleine). L’algorithme de Google continue par ailleurs de décider quels services remontent : la mécanique du classement, elle, reste entre les mains de la maison.

Reste l’addition, et elle promet d’être salée pour les professionnels du tourisme. Selon Google, les précédentes mesures de conformité au DMA ont déjà coûté aux entreprises européennes 30 % de leur trafic gratuit de réservation directe, et le groupe projette un impact du même ordre pour cette nouvelle salve. Les comparateurs décrochent la visibilité qu’ils réclamaient depuis des années ; les hôteliers et compagnies devront espérer que le module qui leur est réservé compense la vitrine perdue. Quant à Bruxelles, elle n’a pas encore dit si cette copie suffisait à clore le dossier.

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Source : Reuters


Naïm Bada