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Développer à l’étranger oblige les DSI à une plus grande rigueur

Les directions informatiques françaises gagnent à délocaliser leur développement.Mais elles doivent fournir de gros efforts d’organisation et d’adaptation.

A l’instar des sociétés de services et des éditeurs de logiciels, les directions informatiques d’entreprises utilisatrices décident d’externaliser une partie de leurs réalisations, de leur maintenance ou de leurs migrations d’applications.Un choix d’abord motivé par des questions évidentes de coût.Mais la division par deux, en moyenne, du prix des prestations de services s’accompagne d’un grand effort d’organisation des équipes et d’amélioration des processus de qualité interne.” Je n’avais jamais rédigé de scénarios de spécifications aussi précis, et surtout en anglais ! “confie chez Nortel Networks un chef de projet chargé de mettre en place la maintenance de logiciels de réseaux avec un prestataire indien.

Un consultant pour les problèmes pratiques

“Au début, nous devions reprendre les programmes reçus, dit Jean Vidal, responsable du pôle architecture, qualité, compétences chez Renault Crédit International (RCI). Aujourd’hui, une communication s’est instaurée par-dessus les frontières.Et nous gardons la maîtrise de notre informatique en travaillant mieux nos interfaces et en testant plus qu’avant.” La direction informatique et organisation de la filiale financière du constructeur automobile a déjà un recul de dix-huit mois sur ce type de projet.Une réorganisation des équipes internes a été nécessaire pour envoyer régulièrement des applications grands systèmes à programmer en Natural DB2 Cobol.En 2001, la délocalisation du projet – pour une moitié en Inde, et pour l’autre en Amérique du Sud – passera de 2 000 à 6 000 jours/homme.La société de services française Decan est en relation avec Metamor en Inde, et une SSII espagnole, Indra, l’est avec l’Amérique du Sud.Les deux sont représentées par un consultant chez RCI pour régler les problèmes pratiques.Entre autres, la traduction des cahiers des charges.Mi-1999, Cegetel Systèmes d’information (CSI) a aussi tenté l’expérience sur un projet de trois mois.Mais l’opérateur a essuyé les plâtres, car il a découvert en même temps que Decan, son prestataire français, la manière de travailler des ingénieurs indiens.“Ils peuvent mettre en ?”uvre des suivis qualité poussés, contrairement aux équipes françaises, tournées vers le résultat plus que vers la méthode, reconnaît Christophe Guillou, responsable d’activité de CSI.Pour bénéficier pleinement de ce type de montage, chacun doit faire des efforts.Nous devrions, par exemple, rédiger directement le cahier des charges en anglais pour éviter la traduction chez Decan.Cela permettrait aux Indiens de mieux comprendre notre métier et nos enjeux économiques.” Si l’essai est resté sans lendemain, le dossier reste ouvert.

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Sophie Maréchal