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Des ChatGPT « voyous » ont pris d’assaut Wikipedia avec des millions de requêtes, que s’est-il passé ?

Selon la directrice des produits et de la technologie de la Wikimedia Foundation, des agents IA « voyous » d’OpenAI ont effectué des millions de requêtes et visité des millions de pages sur différentes plateformes de la fondation. OpenAI a été alerté de la situation et a annoncé collaborer à l’examen du dossier.

Après une plateforme de données des Nations unies, plusieurs sites du gouvernement américain ou encore un portail du gouvernement australien, c’est au tour de la Wikimedia Foundation d’avoir affaire à des agents IA d’OpenAI. En effet, Selena Deckelmann, directrice des produits et de la technologie de la fondation, affirme que des activités d’agents « voyous » d’OpenAI ont été découvertes sur Wikipedia, Wikidata, Wikimedia Commons et le service Etherpad hébergé par la fondation. Il n’est pas à proprement parler question d’une cyberattaque, mais d’activités non autorisées menées par les agents IA sur ces différentes plateformes.

Des activités d’agents IA d’OpenAI découvertes sur des projets Wikimedia

Les agents d’OpenAI auraient notamment effectué des millions de requêtes automatisées, visité des millions de pages, réalisé des centaines de milliers de requêtes sur Wikidata et tenté des modifications potentiellement malveillantes sur certains outils. Selena Deckelmann affirme par ailleurs que « des agents issus de l’environnement d’OpenAI ont utilisé d’autres wikis publics (des sites web collaboratifs qui ne nous appartiennent pas) pour communiquer et se coordonner entre eux ».

Un lien est également fait avec la panne partielle du Wikidata Query Service survenue du 7 au 11 mai 2026. La directrice des produits et de la technologie de la fondation estime que l’important trafic généré par les agents IA d’OpenAI « pourrait avoir contribué à une panne partielle du WQDS en mai », sans toutefois l’affirmer.

OpenAI accusé de ne pas assez sécuriser ses systèmes

Selena Deckelmann explique : « En tant qu’organisme technologique à but non lucratif hébergeant certaines des plus grandes et des plus utilisées plateformes de connaissances ouvertes au monde, nous sommes profondément préoccupés par l’impact des agents d’IA malveillants sur des plateformes comme la nôtre, construites par des bénévoles du monde entier et reposant sur la promesse d’un internet ouvert ». Elle fait par ailleurs état de coûts pour les serveurs et le personnel de la fondation, mais aussi de risques de panne. 

Pour Selena Deckelmann, le constat est sans appel : « OpenAI doit reconnaître sa responsabilité de surveiller et de prévenir ces risques », et estime que « les entreprises spécialisées en IA n’en font pas assez pour sécuriser leurs systèmes et protéger le public des préjudices qu’ils causent ». Sam Altman, PDG d’OpenAI, lui répondrait sans doute qu’il faut accepter les conséquences négatives de l’IA pour pouvoir bénéficier des avantages qu’elle offre.

OpenAI a d’ailleurs été alerté de la situation et a annoncé collaborer sur le dossier. Drew Pusateri, porte-parole d’OpenAI, a déclaré dans un communiqué : « Nous apprécions les conclusions détaillées que Wikimedia nous a communiquées. Nous collaborons avec eux pour examiner et analyser l’activité qu’ils ont identifiée, en parallèle de notre enquête globale, et nous continuerons à partager les informations pertinentes au fur et à mesure de l’avancement de ces travaux ».

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Source : Wikimedia Foundation