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Completel parvient à garder le cap malgré la tempête

Dans la tourmente que connaît le secteur des télécoms, Completel ne se sent pas menacé. L’opérateur possède aujourd’hui de l’argent, des réseaux et des clients. De quoi pouvoir tenir jusqu’à la mi-2003, date prévue pour atteindre l’équilibre.

Les ravages dus aux sommes colossales engagées dans la troisième génération de téléphonie mobile (UMTS) n’atteignent pas tous les acteurs du marché des télécoms. Loin s’en faut. L’opérateur de boucle locale Completel, par exemple, ne se sent pas en danger. “Nous avons levé près de 1 milliard d’euros juste avant que les marchés ne s’effondrent”, explique Jérôme de Vitry, directeur général pour la France. Tout en reconnaissant qu’il s’en est fallu de peu. Actuellement, l’opérateur estime disposer des ressources financières suffisantes pour tenir jusqu’à la mi-2003, date prévue de l’équilibre. La situation n’est cependant pas tout à fait rose.

Après l’agressivité, le pragmatisme

À ses débuts, en 1998, l’opérateur se voulait assez agressif dans ses plans de déploiement de boucles en fibres optiques. Aujourd’hui, l’heure est au pragmatisme. Completel se concentre plutôt sur la densification de ses mille cinq cents kilomètres de réseaux existants (Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Paris et Toulouse) plutôt que dans la construction de nouvelles boucles. “Nous devons préserver notre trésorerie, et notre stratégie consiste à nous lancer quand nous avons les moyens de financer.”La cible aussi a changé. Lors de son lancement, la société voulait s’attaquer au marché un peu délaissé des PME-PMI, et force est de constater que ses clients sont plutôt de grosses PME, des administrations, voire de grandes entreprises, la revente aux opérateurs qui n’ont pas déployé de réseaux locaux étant l’autre part significative de son chiffre d’affaires (un peu moins de 50 %).“Nous vivons une période où tout le monde doute des télécoms”, lâche Jérôme de Vitry. Comme dans toute industrie passée à la concurrence, les télécoms ont aussi leurs victimes. Ainsi, certains opérateurs commencent à ne plus payer leurs fournisseurs. “Nous n’avons encore aucun impayé à déplorer, mais, dans certains cas, nous demandons à être réglés d’avance.”

Se jouer des rumeurs persistantes

Même climat de méfiance chez les clients, qui demandent de plus en plus de garanties sur la pérennité de leurs fournisseurs de services.À ce tableau, il faut ajouter le poids des rumeurs. Completel garde à l’esprit le cas du constructeur Lucent Technologies- qui a perdu 30 % de sa valeur à la suite d’une rumeur de faillite début avril – et essaie de faire taire les bruits qui courent depuis son lancement :“Nous n’avons pas besoin d’argent, donc, pas besoin de nous vendre”, tranche Jérôme de Vitry.L’opérateur reste cependant lucide et explique qu’“il est certes probable qu’un jour Completel rentrera dans une phase de consolidation en rachetant ou en étant racheté. Mais la société n’a pas été créée pour réussir un coup”.Pour l’heure, l’opérateur se concentre sur ses services traditionnels (voix, données, interconnexion de réseaux locaux…), ses nouveautés (IPCenta et centres d’hébergement) et l’organisation de ses ventes dans son nouveau fief de Nantes.

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Jérôme Desvouges