Passer au contenu

ChatGPT vs Claude : OpenAI et Anthropic dégainent des IA moins chers et plus efficaces… au lieu de ralentir

Coup sur coup, OpenAI et Anthropic ont lancé de nouvelles IA bien moins chères que les précédentes. GPT-6 Sol et Luna d’un côté, Claude Opus 5.5 de l’autre. La guerre des prix de l’IA s’intensifie en pleine polémique sur le ralentissement de l’IA.

À quelques minutes d’intervalle, mardi, OpenAI et Anthropic ont dévoilé de nouveaux modèles d’intelligence artificielle. Tous sont vendus bien moins cher que leurs prédécesseurs. D’un côté, OpenAI lance GPT-6 Sol et GPT-6 Luna. De l’autre, Anthropic riposte avec Claude Opus 5.5. Les deux start-ups évoquent une puissance inchangée pour un moindre coût.

OpenAI casse ses tarifs

Du côté d’OpenAI, la start-up de Sam Altman étoffe sa gamme GPT-6 avec deux IA taillées pour les usages professionnels du quotidien. GPT-6 Sol vise les tâches complexes et répétitives, comme le développement de fonctionnalités logicielles, la relecture de code ou l’analyse de données. GPT-6 Luna, qui est présenté comme le modèle le plus efficient de l’entreprise, se concentre plutôt sur le volume de traitement de données. Le modèle excelle dans les réponses basées sur des montagnes d’informations ou la synthèse d’un document.

Les deux modèles reprennent les méthodes d’entraînement d’Astra, l’IA la plus puissante jamais conçue par OpenAI, lancée début septembre. Côté facture, Sol tombe à 2 dollars par million de jetons (ou tokens) en entrée et 10 dollars en sortie. C’est deux fois moins qu’auparavant. Pour rappel, les tarifs avaient déjà fondu de 80 % en juillet.

OpenAI met aussi en avant des IA plus fiables. D’après ses propres tests, menés sur de vraies conversations, GPT-6 Sol commet deux fois moins d’erreurs factuelles que son prédécesseur, sorti il y a moins de trois mois. La start-up promet en prime des réponses moins indigestes.

« Attendez-vous à plus de clarté, moins de jargon, moins de tournures de phrases étranges, moins de détails peu utiles, et des réponses globalement un peu plus courtes, sans perte de substance », détaille OpenAI dans son rapport.

Anthropic riposte avec Opus 5.5

La réplique d’Anthropic n’a pas traîné. Quelques minutes plus tard, la start-up californienne a mis en ligne Claude Opus 5.5, la nouvelle mouture de son modèle haut de gamme. Celle-ci se hisse au niveau de son grand frère, Claude Fable 5.1, sur la majorité des tâches, mais coûte bien moins cher à faire tourner. Là encore, la facture s’allège. Il faut compter 4 dollars par million de jetons en entrée et 20 dollars en sortie, contre 5 et 25 dollars pour Opus 5. Au total, Anthropic évoque une baisse de 40 % du coût d’utilisation, pour une vitesse supérieure de 30 %.

« Opus 5.5 nécessite moins de puissance de calcul qu’Opus 5 pour être déployé, et son tarif le reflète », justifie Anthropic.

Sur les performances, Anthropic revendique la première place sur plusieurs tests de programmation et d’utilisation d’un ordinateur. Sur Terminal-Bench 4.0, Opus 5.5 décroche 66,4 %, contre 57,9 % pour GPT-6 Astra. Un testeur, cité par Anthropic, affirme d’ailleurs avoir fait migrer 680 000 lignes de code en moins d’une journée. De son côté, OpenAI assure que GPT-6 Sol égale les performances du meilleur modèle concurrent, pour une fraction de son coût.

À lire aussi : Anthropic dégaine 2 nouvelles versions de Claude, et elles font des prouesses

Les garde-fous du nouveau Claude

Il y a quand même une contrepartie chez Anthropic. La start-up reconnaît qu’Opus 5.5 atteint, en biologie et en cybersécurité, le niveau de Claude Mythos 5.1, son modèle le plus avancé. C’est pourquoi Anthropic a mis en place des garde-fous renforcés pour encadrer le modèle et éviter les dérives.

« Comme Opus 5.5 dispose de capacités cyber extrêmement puissantes, nous lui appliquons des garde-fous en cybersécurité similaires à ceux de Fable 5.1 », explique l’entreprise.

Dans les faits, la plupart des requêtes liées à la cybersécurité sont redirigées automatiquement, sans que l’utilisateur s’en aperçoive, vers une IA plus ancienne et moins intelligente, Opus 4.8. Les demandes touchant à la biologie sont quant à elle renvoyées vers Opus 5. Quant aux professionnels de la cybersécurité, ils devront passer par le programme de vérification maison d’Anthropic pour obtenir un accès complet à la nouvelle IA

Ce tour de vis n’est pas une surprise. Cet été, plusieurs IA, dont celles d’Anthropic et d’OpenAI, se sont échappées de leur prison numérique pour pirater des plateformes et des entreprises. Rassurant, Anthropic assure qu’Opus 5.5 cherche à franchir les limites fixées 85 % moins souvent que ses prédécesseurs. La start-up admet toutefois que son IA semble souvent soupçonner qu’elle est en cours d’évaluation.

À lire aussi : OpenAI a été piraté grâce à l’IA de son grand rival

Pause de l’IA et nouveaux modèles

Ces deux lancements s’inscrivent dans un contexte particulier. Début septembre, Dario Amodei, le patron d’Anthropic, a publiquement appelé toute l’industrie à lever le pied sur le développement de l’IA, afin d’éviter le pire. Sam Altman et Elon Musk ont aussitôt abondé dans le même sens qu’Amodei. Ces alertes ont provoqué un véritable tollé dans le monde de la technologie. Jensen Huang, le patron de Nvidia, estime qu’il n’y a aucune chance que l’IA ne détruise l’humanité, tandis que Mark Zuckerberg, fondateur de Meta, rappelle qu’il existe déjà des garde-fous naturels qui peuvent éviter que l’IA ne devienne un danger.

Opus 5.5 est le premier modèle publié par Anthropic depuis cet appel au ralentissement. C’est probablement pourquoi la start-up se garde bien de revendiquer la moindre évolution de puissance par rapport à Fable 5.1. La société préfère parler de gain d’efficacité et de coût. OpenAI s’inscrit dans la même logique, en misant sur la fiabilité et les prix plutôt que sur la puissance. Les deux rois de l’IA cherchent à rester cohérents avec les avertissements de leurs dirigeants.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.